29.09.2009

GRAND PARI(S), Un défi pour la gauche

Dans la matinée de lundi 28 septembre, le Conseil Général a auditionné, en séance publique, le Secrétaire d’Etat chargé du Grand Paris Christian Blanc.

 

A l’heure ou le gouvernement prépare, dans un flou peu artistique, un paquet de réformes visant directement les collectivités locales (refonte de la fiscalité locale, réforme territoriale, Grand Paris), cette visite a été l’occasion pour les élus du Département d’interroger M. Blanc sur les contours de l’avant projet de loi sur le Grand Paris, et de lui faire part de leurs inquiétudes.

 

Et elles sont nombreuses.

 

Lorsque le Président de la République a exprimé le souhait de voir s’ouvrir un chantier d’ampleur visant à créer un Grand Paris, structuré autour d’une nouvelle rocade de métro automatique reliant les différentes couronnes, les collectivités se sont réjouies, voyant là l’aboutissement de plusieurs années de réflexion, d’espoir, d’échanges. Le Grand Paris devait être une opportunité formidable pour nos territoires, garantissant à tous les Franciliens une circulation plus fluide et intégrée, une plus grande solidarité, un développement urbain plus harmonieux bref, une meilleure qualité de vie et de service public. Pendant deux ans, les collectivités se sont faites force de proposition, au niveau départemental, mais aussi régional, et même communal.

 

Force est de constater, au vu de l’avant projet de loi qui a été présenté, qu’il reste peu des ambitions initiales, et que le gouvernement n’entend pas accorder aux territoires et à leurs élus la place qu’ils méritent dans cette aventure. Le projet de loi est un acte fort de recentralisation, ou l’on voit un Etat décider – en lieu et place des collectivités – des grands projets d’infrastructure, s’arrogeant un droit exorbitant en matière d’expropriation et de préemption autour des gares, où la Société du Grand Paris s’approprie le produit des valorisations foncière sans le redistribuer aux collectivités concernées, où, finalement, la concertation n’a pas sa place.

 

Les élus de la majorité comme de l’opposition ont donc interpellé Christian Blanc sur sa vision de l’Essonne au sein du Grand Paris : comment le plateau de Saclay, pôle technologique au rayonnement mondial, sera-t-il intégré ? Comment se fera le financement des grands projets d’infrastructure ? L’axe de la Vallée des biotechnologies, de Villejuif à Orly, le long de la N7, sera-t-il poursuivi jusqu'à Corbeil-Evry ? Comment seront prises en compte les spécificités essonniennes ? Quels aménagements viendront compléter la rocade automatique, qui semble être la seule préoccupation du gouvernement, pour permettre un développement local plus harmonieux ? Pendant près de deux heures et demie, les questions ont fusé. Des questions précises, ciblées, mettant au jour les contradictions de l’avant projet de loi.

 

S’il n’a pas répondu à l’ensemble des questions, M. Blanc a porté son projet, et sa vision du futur Grand Paris. Il a rendu hommage à l’action du Département dans le processus d’élaboration du projet de loi, et a insisté, dès l’introduction, sur le fait que les départements de la grande couronne, et principalement l’Essonne, faisaient pleinement partie du projet. Pour lui, le Grand Paris ne peut se faire sans notre département.

 

Mais ce que je retiens surtout de cette audition, c’est cette information d’ampleur, obtenue après une matinée de débat : M. Blanc s’est déclaré favorable au prolongement du futur tramway Villejuif- Athis (puis Juvisy) jusqu’à la capitale médicale de l’Essonne : Genopole à Evry. Il a en effet estimé que, pour exploiter au maximum le potentiel de ce secteur à la pointe de la recherche, il faut qu’il soit relié aux autres sites de la «vallée des biotechnologies » : Villejuif, Orly, les hôpitaux du sud de Paris… Il a donc rebondi sur la volonté des élus des communes qui bordent la N7, de Corbeil-Essonnes à Athis-Monsl concernant le prolongement du tramway jusqu’à Evry-Corbeil. « Je vous accompagnerai dans cette volonté » a-t-il indiqué.

 

Cet engagement est une avancée de taille pour notre département. C’est la reconnaissance du rayonnement technologique et économique de l’Essonne, et la garantie que notre département ne restera pas aux marges de la région capitale. Je m’en réjouis.

 

Il nous faudra bien sûr rester vigilants lors du débat parlementaire, et veiller à ce que cet engagement ne reste pas lettre morte. Mais cette audition a prouvé que les élus locaux peuvent être entendus, et qu’il est indispensable de continuer à porter nos revendications haut et fort.

 

Je vous invite par ailleurs à aller visionner la vidéo de l’audition, disponible en ligne à l’adresse suivante :

http://stream.alibitivi.com/popup/clients/cg91/dates/2809...

 

Ainsi que le communiqué de presse de Michel Berson, Président du Conseil Général de l’Essonne, au sujet du Grand Paris :

http://www.essonne.fr/uploads/tx_pressrelease/09_28_audit...