09.09.2009

TENDONS LA MAIN, PAS L'AUTRE JOUE!

La multiplication des déclarations contradictoires de dirigeants socialistes à propos de l'initiative de F. Bayrou d'ouverture d'un dialogue pour l'alternance, montre notre difficulté persistante à maîtriser notre stratégie politique et à être à l'initiative sur le rassemblement nécessaire.

Que quelqu'un qui vient de se prendre un énorme "rateau" aux européennes puisse se refaire uyne santé médiatique en divisant les socialistes est pour le moins désolant.

Le chantier lancé de la rénovation ne tiendra pas longtemps sur ses bases si nous sommes en permanence à hue (sans jeu de mot...) et à dia sur chacun des grands sujets.

Quelle devrait être notre boussole et comment l'aimanter?

Soyons d'abord réalistes et lucides.

Tout montre que malgré nos grandes difficultés actuelles, personne, nulle part, ne peut prétendre battre la droite en s'essuyant les pieds sur le paillasson socialiste. Commençons donc d'abord par affirmer qu'en 2010, 2011 et 2012, c'est la force, l'ouverture et la capacité de rassemblement des socialistes qui entrainera et qui permettra de l'emporter.

Soyons ensuite au clair sur la stratégie des forces qui veulent le changement.

Je passe sur l'extrême gauche. Elle ne veut pas du changement à gauche par le réformisme.

Le Parti de gauche de Mélenchon? Il fait pression sur le PC pour l'empêcher de reconduire sa participation à des majorités régionales, dans la perspective de 2012.

Les Verts et le rassemblement écologiste entendent profiter au maximum de la dynamique des européennes pour gagner des forces aux régionales. C'est respectable tant que çà ne casse pas le rassemblement victorieux au deuxième tour. Comme est respectable leur volonté de nous supplanter dans le leadership de la refondation de la gauche. Mais autant le savoir et savoir répondre! Une confrontation démocratique est engagée pour savoir qui peut le mieux porter le renouvellement écologique d'un projet social et démocratique et pour battre Sarkozy en 2012. Assumonns là, par des idées neuves et par des primaires.

Quant au MODEM, on peut toujours faire semblant de s'ébaudir de l'audace historique de F. Bayrou, de son franchissement du rubicond, on n'est pas pour autant obligés d'être niais!!

Sa seule raison d'être, à lui et au MODEM, c'est sa présence à l'élection présidentielle et cette fois au second tour. Le seul obstacle sur sa route, c'est une candidature portée par les socialistes et le maximum de forces issue des primaires. Sa seule chance c'est notre explosion avant 2011.

La question n'est donc pas de savoir s'il faut ou non dialoguer avec lui, s'il faut y mettre ,  ou 21 conditions, mais qu'il mesure que sa tentative de substituer le MODEM au PS pour 2012 n'a aucune chance d'aboutir. En tout cas pas grâce à nous...

Est ce à dire que rien n'est possible? Pas du tout. Et les régionales sont un excellent rendez vous pour que chacun prenne ses responsabilités, y compris dès le 1er tour.

Les présidences régionales sortantes sont presque toutes socialistes. Il leur revient d'organiser publiquement le dialogue avec toutes les forces qui peuvent s'entendre et gouverner sur des plate-formes claires, populaires.

Cela exige des choix à faire, dans de nombreux domaines.

Tendons la main, dans la clarté et dans l'honnêteté des engagements.

Mais lorsqu'on sait qu'il y a une volonté de prendre les socialistes en tenaille en profitant de l'affaiblissement de leur outil qu'est le PS, tendre la main ne nécessite pas  de tendre en même temps l'autre joue...

25.08.2009

TROUBLANTE RENTREE...

Aux yeux de beaucoup, la (les) rentrée(s) du (des?) Partis socialiste(s...) peut sembler déroutante. La crise est loin d'être derrière nous, le chômage des jeunes va exploser, les finances de l'Etat sont dans le rouge vif, les collectivités locales vont subir le feu roulant des "réformes" de Sarkozy avec l'objectif de les réduire et de les contraindre, les élections régionales sont dans 6 mois et la droite veut en faire un tremplin pour 2012, pendant que d'autres veulent en faire une occasion pour fragiliser encore plus le PS, le Parlement va être saisi du projet de modification du statut de la Poste pour en réduire le caractère de service public et depuis 8 jours, nous croulons sous les commentaires sur... les primaires et sur les alliances pour 2012.

Ne croyez pas que je donne dans l'ironie facile et que je mésestime l'importance du débat lancé. Je veux juste indiquer que nous ferions bien de le replacer dans son contexte, sous peine qu'il tourne vite à vide et qu'il lasse ceux qui n'en finissent pas d'attendre que nous prenions nos responsabilités.

Que signifie cette question des primaires qui serait devenue l'alpha et l'omega de la rénovation de la gauche? Deux choses simples à mon avis.

La première est incontestable: la participation de millions de citoyens à la désignation de celui ou de celle qui sera en capacité de gagner l'élection majeure de nos institutions en 2012 est une question vitale pour régénérer notre démocratie et pour créer une dynamique victorieuse.

La deuxième est déjà plus complexe et il faut appeler un chat un chat: si le congrès de Reims n'avait pas été aussi calamiteux, qu'il avait permis de trancher ce qu'un congrès du principal parti d'opposition doit trancher - une orientation, une stratégie d'alliance et un leader - nous n'aurions pas de telles poussées d'adrénaline. Je ne dis pas que les primaires ne s'imposaient plus mais elles auraient une autre dimension. Le ou la leader avait vocation à être candidat-e. Seulement voilà, Reims a été un congrès d'empêchement et nous "trainons" depuis 2002 la lancinante crise de leadership qui vient aggraver la crise d'identité et de crédibilité que nous avons payé cher aux européennes et que nous pouvons repayer aux régionales. D'où l'ambiguité du débat qu'il faudra bien lever rapidement pour rendre le processus des primaires praticable et utile. 

De quelle primaire les uns et les autres parlent-ils vraiment?

De celle qui vise à désigner un candidat unique de la gauche? Et au delà de la gauche? Why not? Mais soyons lucides. Les écologistes ont été on ne peut plus clairs. Ils veulent profiter des régionales pour nous disputer le leadership à gauche. Bayrou a prévenu: il sera candidat quoi qu'il arrive en 2012 et franchement ce n'est pas un scoop, le Modem n'est là que pour cela. Robert Hue est sympathique mais très minoritaire au PC. Mélenchon n'a pas fondé le PG pour ne pas concourir en 2012. Bref il y aurait du boulot pour convaincre... Et last but not least, une possibilité que la personnalité choisie soit autre que socialiste. Laurent Fabius parlait de transformation politique profonde. pour le coup cela en serait une, majeure!

Alors, une primaire pour la candidature socialiste? Et l'on en revient à cette fameuse crise de leadership que nous subissons depuis 2002. Faute de pouvoir trancher, nous externalisons la question. Comme dirait quelqu'un, c'est peut être inévitable. Je lisais dans le Figaro de ce matin que les italiens en sont à leur troisième primaire en...4 ans.

Quelle que soit la manière dont le débat va se trancher, je préconise que nous le menions avec 2 balises fortes.

Première balise: il ne peut pas y avoir de primaire gagnante pour 2012 qui s'organise sur la base de la décomposition accélérée du Parti socialiste. Au contraire, elle doit servir à REPOLARISER la gauche autour d'un PS profondément renouvelé dans ses idées et ses méthodes démocratiques totalement ouvert à la société.

Deuxième balise: la pire des choses serait que ce débat aboutisse à faire l'impasse sur les élections régionales. Elles vont être rudes, en particulier sur la question du rassemblement face à la droite. Je sais que ce n'est pas dans l'esprit de ses farouches partisans. Mais nous connaissons notre propension à conduire des débats en croyant qu'ils organisent toute la vie politique...

Au fond, la clé de tout cela est la suivante. Contrairement à la droite, notre difficulté à choisir un leader pèse de plus en plus sur notre capacité à fédérer nos partenaires qui n'accordent plus crédit aux projets de gouvernement que nous proposons et à force d'être un parti de gouvernement qui ne gouverne pas, nous pourrions devenir rapidement une force de moins en moins centrale à gauche. La question des primaires recèle en vérité celle de notre capacité à opérer les mutations indispensables pour nous adapter à la réalité nouvelle de nos institutions depuis le quinquennat et l'inversion du calendrier présidentielle/législative.

 

 

20.07.2009

BHL: MERCI!

Bernard Henri-Lévy, un seul mot: merci.

Merci, par votre intervention fracassante dans Le journal du Dimanche appelant "à en finir, le plus vite possible maintenant, avec ce grand corps malade" qu'est le Parti socialiste, d'avoir montré que ce qui se joue aujourd'hui, pour lui et pour toute la gauche, ne relève pas  de jeux internes qui pourraient se régler par des injonctions à rentrer dans le rang ou à se "casser" ( quelle illusion!), mais d'une volonté d'opérer un tournant historique dans la recomposition du paysage politique.

Quelle que soit la violence du propos, je pars du principe qu'il est d'autant plus violent qu'il est sincère. Et votre éthique de la liberté, votre engagement plaident pour prendre l'affaire au sérieux.

Ainsi, vous considérez, comme Maurice Clavel hier, que "pour vaincre la droite, il faut d'abord briser la gauche" et, en l'espèce d'abord le Parti socialiste qui en est sa colonne vertébrale (au moins pour ceux qui considèrent qu'il n'y a de gauche que par la volonté de changer la vie et donc de gouverner). Première remarque alors: toute comparaison avec la situation de PC des années 80 est fausse. A 2 titres au moins. Dans les années 80, le PC n'avait pas la volonté de faire gagner la gauche et il n'est entré au gouvernement qu'à la suite de son premier déclin électoral à la présidentielle. D'autre part, les volontés refondatrices qui sont nées du score catastrophique du PC aux européennes de 84 se sont heurtées à la culture du PC de l'époque matricée par le centralisme démocratique. Quoi qu'il en soit de l'état de la démocratie interne au PS, comparaison n'est pas raison.

Mais surtout, votre long réquisitoire angoissé sur l'incapacité du PS à représenter une espérance et à incarner un avenir ne nous en dit pas beaucoup plus sur la substitution qu'il faudrait lui opérer , de même ampleur qu'au moment du congrès d'Epinay en Juin 1971. Car il est faux de dire qu'Epinay n'a fait que consacrer la déliquescence de la vieille SFIO. Epinay a d'abord été le choix difficile, étroit (51% des suffrages pour la motion Mitterrand/Mauroy/Chevènement/Deferre), d'une stratégie de conquête disputant le leadership de la gauche au PC. Or, c'est bien la question qui est posée aujourd'hui et à cet égard vous n'avez pas tort: qu'incarnons-nous de neuf dans ce 21ème siècle qui s'ouvre par une crise historique, de civilisation, du capitalisme mondialisé et comment pouvons-nous polariser le camp du changement au moment où Nicolas Sarkozy excelle dans la triangulation et arrive à camoufler la nature réelle de son projet politique?

Vous dites que "ce qui tue le PS, ce n'est pas l'excès mais le défaut de guerre intestine". Si vous voulez dire par là qu'il aurait mieux valu faire, à Reims, un vrai congrès de Metz (1979, l'affrontement Mitterrand/Rocard) qu'un congrès indigne, je vous rejoins volontiers. Vous parlez "d'énergie à s'autodétruire", d'autres de gâchis. N'est ce pas là, en effet, une bonne partie du problème et au moins un bout de la solution?

Retrouver le goût, l'envie, l'empathie d'une confrontation vraie, à livres ouverts sur le chemin à prendre d'ici 2012, n'est ce pas ce qui s'impose? Et l'on verra bien ce qui devra être dépassé ou ce qui devra disparaître. En politique, il ne suffit pas de décréter la mort d'un idéal. Jaurès l'a très bien su lui aussi...

Car considérer que "renouer avec l'essentiel c'est penser trois grands refus: l'antifascisme, l'anticolonialisme, l'antitotalitarisme" est sans doute encore de grande actualité mais, à mes yeux, insuffisamment opératoire pour donner un nouveau contenu au socialisme moderne. Sauf à considérer que le socialisme lui-même est trop "daté"...

Mais alors, nommons les choses et confrontons les, tranchons les par des votes, y compris par des systèmes de primaires ouvertes qui ne se limiteraient pas à choisir un candidat présidentiable mais qui feraient débattre de l'orientation à donner au combat politique.

Le problème du PS n'est pas seulement qu'il est rongé par un individualisme dévastateur mais qu'il a peur de trancher collectivement et de manière ouverte dans un dialogue avec toute la société. Vous parlez de l'Europe "où d'aucuns ont renoué avec la chauvinisme de Jules Guesde". Pas faux. Mais justement, lorsque Mitterrand a été confronté à la question du choix européen du PS au milieu des années 70, il a mis son mandat de 1er secrétaire en jeu. Le choix a été fait. Les oppositions se sont exprimées et chacun est resté. Au nom de quoi la richesse de nos talents individuels, la force que nous représentons aujourd'hui dans les territoires, devraient immanquablement se traduire en gâchis d'idées, de personnalités, plutôt qu'en force d'un nouveau projet collectif? Reims a été un drame mais je ne suis pas convaincu qu'il ait marqué la fin de l'histoire. Celle d'un cycle ouvert par la défaite de 2002 et l'impossibilité à choisir un nouveau leadership, oui. Celle de l'adaptation su socialisme aux réalités contemporaines, je n'en suis pas du tout convaincu. Et comme le socialisme n'est pas d'abord d'essence nationale, sortons de notre nombrilisme et regardons comment il vit contradictoirement en Europe. Ici encore fringant, là décomposé. Et il n'est pas en plus grande forme là où il est apparu comme le plus moderne dans les années 90 outre-manche.

J'ai bien conscience que mon billet (modestement diffusé) ne fait sans doute pas beaucoup plus avancer que votre voyage au bout de l'enfer (largement médiatisé).

Je souhaitais juste attirer votre attention et celle de quelques autres sur le fait que la morbidité en politique n'est pas forcément productive. Mais si votre cri permet aux socialistes de réagir, alors, une nouvelle fois: Merci.

05.05.2009

MORATOIRE

blog.JPG2 ans de présidence par Nicolas Sarkozy! En vérité la France est depuis 7 ans sous le régime d'une droite de plus en plus dure. Et, p..., il faut tenir encore 3 ans! Avec une crise historique de surcroît.

 Rien que cela devrait nous amener à nous concentrer sur la seule chose qui vaille dans les 4 prochaines semaines: arracher le plus gros score possible pour les listes socialistes le 7 Juin prochain. Imaginions un instant que nous arrivions à mobiliser sur le vote socialiste une bonne partie des 65% de Français mécontents de la politique du pouvoir. Nous ferions coup double. Ce serait la meilleure aide que nous apporterions au mouvement social pour contraindre le gouvernemeent à négocier sur l'emploi, le pouvoir d'achat et sur un nouveau plan de relance. Et nous pourrions espérer un changement de majorité au Parlement européen qui est le seul moyen popur changer la politique européenne dès maintenant.

 C'est bien ce que craint le pouvoir. J'ai lu beaucoup d'articles de presse sur les 2 premières années de Sarkozy. Rares ssont ceux qui se concentrent sur l'essentiel: la "rupture" qu'il a promise est un échec économique et social sur toute la ligne, un formidable recul de la solidarité et de la justice, une captation de la démocratie et des médias par un pouvoir personnel inégalé. Beaucoup, au contraire - par peur? Par paresse? Par mode? - sont dans l'évitement et dans le détournement.

 L'essentiel serait de faire la promo de Bayrou, de l'extrême gauche et - le pire du cynisme - du nauséabond Dieudonné. Tout cela au prétexte que les socialistes seraient tétanisés, à encéphalogramme plat et qu'il faudrait bien construire de toute pièce une fausse alternative à la droite ou promouvoir des dérivatifs, fussent-ils immondes.

 Tout cela peut être déjoué si nous savons être nous-mêmes dans ces quelques dernières semaines de campagne: des socialistes qui n'ont pas à s'excuser de l'être, confiants dans leurs propositions pour la France et pour l'Europe, solidaires des autres partis socialistes et sociaux-démocrates européens et... RASSEMBLES!!

 Je sais que nous sommes dans la période des férias et j'adore la tauromachie, mais, franchement, quel intérêt avons-nous, aujourd'hui, à nous précipiter sur la muleta béarnaise agitée sous nos yeux par la faéna de Sarkozy?

 Ou bien nous faisons un bon résultat le 7 Juin, en laissant Bayrou à distance et ce sera à lui de choisir la majorité qu'il veut pour les régionales de 2010 et la présidentielle de 2012.

 Ou bien nous nous empêtrons dans un débat totalement théorique  àcette heure sur je ne sais quel contrat de gouvernement et nous le faisons grimper nous-mêmes dans les sondages, voire dans les urnes le 7 Juin alors qu'il ne cherche qu'une chose: nous étriller et empêcher le rassemblement de la gauche de gouvernement comme alternative fondamentale et durable à la droite.

 Mon camarade Guillaume Bachelay a proposé au secrétariat national du Parti socialiste un "moratoire sur la connerie".

 C'est de bon sens...

24.04.2009

Clarification

chouatclarif.jpgFrançois Hollande a ré-ouvert un débat sur la stratégie du PS vis à vis du MODEM. Le moment qu'il a choisi, à moins de 2 mois des européennes où le scrutin proportionnel présente tous les dangers de la centrifugeuse, lui appartient...

C'est une question politique majeure qu'il soulève car s'il y a quelque chose d'irréductible dans la politique, c'est bien la nécessité pour un parti de gouvernement d'expliciter sa stratégie de conquête du pouvoir. Et pour les socialistes français, elle est indissociable de la question des alliances. En lisant son interviewe dans L'Express, je n'ai pas compris que François Hollande cherche, à son tour, la fameuse "ouverture au centre" mais, plutôt, qu'il veut mettre Bayrou au pied du mur de la clarification.Si ce dernier est vraiment dans l'opposition à Sarkozy et pour la victoire d'un autre modèle de société, alors c'est sur le fond des questions économiques, sociales, démocratiques, européennes qu'il faut confronter les choix des socialistes avec les siens et qu'il en tire les conséquences, dès 2010 aux régionales et en 2012, en favorisant la victoire de la gauche et non celle de Sarkozy comme en 2007. Cela doit d'ailleurs s'appliquer dès les prochaines élections européennes: Bayrou veut-il rompre avec son soutien permanent aux majorités de droite au Parlement européen et favoriser la constitution d'une majorité de gauche qui élira un Président de la Commission européenne issu de cette majorité?

Il reste que cette clarification n'a de sens que si, dans le même temps le Parti socialiste est lui-même clair et offensif sur sa propre identité politique. J'aurais aimé à cet égard que François Hollande rappelle ce qu'il disait dans un de ses blogs il y a 2 mois. Cela aurait ôté toute ambiguïté. Je me permets donc de compléter par ce court extrait:

"Est-ce à dire que le salut du PS se trouverait alors du côté du Modem?

Le problème serait idéologique si le parti de François Bayrou situait ses exigences sur ce terrain-là. Mais telle n’est pas sa démarche. Il ne se place sur le champ des programmes et des idées. Il ne demande pas à confronter les positions respectives du PS et du Modem sur la relance, la fiscalité, la protection sociale ou la maîtrise de la dette, pas davantage sur l’Europe ou la laïcité. Non l’extrême centre veut occuper tout le terrain de l’opposition. Plus gaulliste que les derniers chiraquiens, plus laïque que les anciens de la FEN, plus révolté que les vieux amis d’Arlette, plus anti-sarkoziste qu’aucun ancien balladurien comme lui ne pourra jamais l’être, François Bayrou veut être tout pour être le premier de l’opposition - non pour contractualiser avec le PS mais pour le dominer et donc le briser.

François Bayrou n’est pas un ennemi de la gauche - il peut même indirectement travailler pour elle, il n’en est qu’un ersatz. Une apparence, une illusion.

Voilà le faux dilemme que rencontre le PS aujourd’hui. Il n’a pas à choisir entre le Modem et le NPA. Il a à être le plus fort pour contraindre l’un et l’autre. Et pour y parvenir, il n’a pas à être dans la surenchère, le mimétisme ou la diabolisation.

Simplement à être lui-même, le parti de la social-démocratie, du mouvement, de la justice, de la modernité. Bref la gauche qui veut agir, changer, transformer. Et gouverner."

06.02.2009

EXCECRABLE METHODE ET TOUJOURS MEME IDEOLOGIE SARKOZIENNE

Le seul engagement concret qu'aura pris le Président de la République dans sa longue intervention télévisée est donc la suppression en 2010 de la taxe professionnelle que les entreprises acquittent aux collectivités locales. Un mot d'abord sur la méthode. Elle est comme d'habitude imbuvable. Le chef de l'Etat s'arroge le droit de rayer d'un trait de plume 26 milliards de recettes pour les collectivités (176 Millions d'Euros pour le département de l'Essonne), soit 44% de leurs recettes! sans leur en dire un mot. Elle se double d'un grossier mensonge: les entreprises ne déterminent pas leurs stratégies d'implantation ou de délocalisation à cause de la taxe professionnelle. C'est si vrai que le caractère injuste et inefficace économiquement de cette taxe a déjà été rogné par un gouvernement de gauche, celui de Lionel Jospin, qui a exonéré la part de taxe assise sur les salaires. Cela n'a pas empêché les entreprises qui le voulaient de se délocaliser. Et récemment, Raffarin a plafonné cette taxe à 3,5% de la valeur ajoutée des entreprises (manque à gagner pour le CG de l'Essonne de 15 Millions d'Euros). Est ce que cela s'est traduit par plus d'investissement et plus d'emplois? Absolument pas.

En vérité, cette annonce révèle la permanence de l'idéologie ultralibérale de Sarkozy. Il s'agit par tous les moyens d'exonérer les entreprises de charges et de les transférer sur les ménages. Car pour compenser ces 26 Milliards, la présidente du MEDEF a déjà prévenu: "pas question de la remplacer par une autre!" Et la taxe carbone avancée par Sarkozy est une taxe que les ménages payent et qui ne compensera jamais la totalité de la TP.

Ce véritable tsunami fiscal en dit long sur les intentions présidentielles en matière de réforme des collectivités locales préparées dans la commission Balladur. Il s'agit d'en réduire le nombre et d'étrangler leurs moyens.

La gauche doit porter une véritable modernisation de la taxe professionnelle par une fiscalité homogène et unifiée des entreprises qui favorise l'investissement et l'emploi et qui ait une forte dimension écologique. Des propositions peuvent être négociées mais pas sur la base d'un coup de force présidentiel.

Je vous joins le texte de la présentation du débat d'orientation budgétaire que j'ai faite lors de la séance du Conseil général le 2 Février 2009

Bonne lecture.

Rapport DOB 2009.DOC

25.01.2009

SANS COMPLEXES

cfb.jpgLe Parti socialiste vient de rendre publiques ses propositions pour un plan de relance juste, efficace et réaliste. Comme il fallait s'y attendre, les médias n'en parlent que pour cultiver l'image d'un parti archaïque, sans idées nouvelles, perpétuellement déchiré.

Je trouve au contraire cette première grande initiative populaire depuis le congrès, utile et bienvenue. C'est si vrai que la droite a d'ailleurs du mal à trouver l'angle d'attaque pour la critiquer. J'ai lu l'entretien de Claude Guéant dans le Parisien d'aujourd'hui (il se prend décidément pour le vrai premier ministre). Il nous accuse de vouloir creuser les déficits parce que nous voulons prendre des mesures fortes et immédiates en faveur de la consommation et du pouvoir d'achat. Mais qui est seule responsable de la situation dramatique des finances publiques depuis 2002, sinon la droite au pouvoir? Elle a creusé les déficits tout en affaiblissant le pays et les Français. Nous voulons relancer l'économie en s'appuyant sur ses deux jambes: l'investissement, y compris pour le développement durable (eh! oui, c'est dans le plan, il suffit de le lire...), et la consommation des ménages. Et les 2% de PIB que coûtent nos propositions sont destinés, à l'inverse du paquet fiscal de 2007, à fabriquer de la croissance pour lutter réellement contre le creusement du déficit.

Alors oui, je pense que ce plan permet d'engager le débat public sur le choix à faire face à la crise. Cela me parait bien plus important que de cultiver des différences entre socialistes. Je peux moi-même estimer que telle ou telle mesure ne me semble pas forcément la mieux adaptée à la situation; cela n'enlève rien à mon accord global et je choisis mes priorités. Celle de l'heure est de faire en sorte que le Parti socialiste soit sur le pont, au travail, au service des Français qui vont encaisser de plus en plus durement le choc de la crise.

Vendredi soir, aux voeux de Julien Dray

J'ai bouclé ma tournée de voeux de la semaine en me rendant, comme chaque année, aux voeux de Julien Dray, à Sainte Geneviève des Bois, au coeur de sa circonscription.

Ils prenaient évidemment un tour un peu particulier. C'est sans doute la raison pour laquelle la presse se pressait devant la salle Gérard Philipe...

Quelle ne fût pas ma surprise de lire le lendemain la réaction de ... Jean Luc Mélenchon, également présent et lui aussi coutumier des voeux de Juju. Visiblement, la seule chose qui l'intéressait c'était de taper sur le PS. Venant de lui, franchement c'est grotesque. Et indécent.

Une nouvelle fois, la présomption d'innocence est foulée aux pieds. Julien Dray a dit qu'il apporterait toutes les explications sur les faits qui ont enclanché une enquête préliminaire dont nous ne connaissons que ce que la presse étale sans vergogne et sans débat contradictoire. Il a dit vouloir placer sa défense sur le terrain du respect de sa vie privée.

Mélenchon croit intelligent de se servir de ce dossier pour dresser un acte d'accusation contre son ancien parti.

A chacun sa vision du combat politique. 

18.01.2009

En forme d'ajout

En forme d'ajout à mon message précédent je vous joins également la position exprimée par Jean Paul Huchon au nom de la Région Ile de France davant la commission Balladur.

Bonne lecture.

audition de jean-paul Huchon.doc

Heureusement que nous sommes au boulot, car il y en a !

régionaleagauche.jpgJe sais que le sujet n'est pas au coeur de l'actualité de nos concitoyens mais puisque j'en entends beaucoup parler dans toutes les cérémonies de voeux auxquelles je participe, autant contribuer à son éclairage. Je veux parler des projets du Président de la République pour réformer les collectivités territoriales. Décidément il s'occupe de tout! Et dans ce domaine comme dans tous les autres, l'opération "Embrouille" est lancée:

Acte 1: je veux des collectivités fortes.

Acte 2: c'est la gabegie, à cause de l'imbroglio né de la décentralisation et de la gabegie socialiste qui  a la dépense et l'impôt dans les gènes.

Acte 3: j'installe une commission. J'y mets Balladur à  sa tête, lui qui est un fin connaisseur des collectivités, chacun le sait bien, même s'il n'a jamais dépassé la mairie d'arrondissement du XVème...

Acte 4: j'annonce une réforme du mode de scrutin. Lequel? On ne sait pas? Quand? Encore moins. La seule chose évidente est que celui qui sera retenu sera celui qui garantit à la droite de piquer le maximum de positions à la gauche. Encore que dans ce domaine, ce n'est jamais un mode de scrutin qui garantit un succès.

Acte 5: j'annonce une réforme de la région parisienne.

Acte 6: je regarde comment la gauche réagit...

Et c'est là qu'il y a du boulot, chers amis. Car la gauche et surtout le Parti socialiste ont inventé la décentralisation. Elle est inachevée mais elle marche. Nous ne devrions donc pas être mal à l'aise dans ce débat. Le seul problème est qu'au fil du temps nous sommes aussi devenus les gestionnaires de très nombreuses collectivités. Il parait même que nous gagnons plus souvent les élections locales que les autres...

Rien qu'en Ile de France, nous dirigeons la région, 6 départements franciliens sur 8, de nombreuses villes et intercommunalités puissantes et stratégiques. Le "hic" c'est que, du coup, les positions des élus expriment davantage LEUR collectivité que le point de vue global qu'il faut avoir sur une réforme qui est indispensable pour approfondir le mouvement de décentralisation et pour refonder les rapports avec l'Etat central.

S'en tenir à la seule dénonciation de l'offensive de la droite reviendrait à renoncer. Ce serait d'autant plus regrettable que nous ne sommes pas sans idées et sans possibilité d'influer sur le cours des choses.

A ce titre, je joins à ce post la contribution que Bertrand Delanoë a apportée à la commission Balladur. Non pas parce que c'est Bertrand Delanoë avec qui j'ai participé au congrès de Reims mais parce qu'il est co-artisan de la démarche "Paris Métropole" et qu'il me semble que son point de vue peut être utile aux socialistes et à tous ceux qui veulent se saisir du sujet.

Bonne lecture

Audition de Bertrand DELANOE.pdf

17.11.2008

Adresse à tous les militants

reims.jpgChèr-e camarade,

Je reviens de Reims profondément inquiet et je mesure la gravité de l’épreuve que tous les socialistes traversent pour l’avenir du Parti socialiste.

Le 6 Novembre, nous avons voté, en conscience, pour donner une orientation politique au Parti. L’émiettement entre 4 principales motions n’a pas permis de donner un mandat clair au congrès de Reims. Il revenait donc à celui-ci d’explorer toutes les voies d’un rassemblement majoritaire clair et cohérent, respectueux du vote militant, qui aurait permis de remettre leParti socialiste en ordre de marche. C’était indispensable, tant il est évident que notre peuple aun besoin vital d’un Parti socialiste bien à gauche, efficace pour les défendre dans les années très dures que nous allons vivre avec la crise et la politique de la droite.

Bertrand Delanoë a voulu mettre la force des 25,3% de la motion A arrivée deuxième, au service d’une construction politique qui donne à notre parti la force et la cohérenceindispensables.

Cette construction devait reposer sur 3 piliers solides et constants :

1. Donner de l’efficacité de gauche au socialisme démocratique en le mettant au coeur et non à l’écart du socialisme européen qui n’est pas périmé mais qui doit être réorienté. Travailler à l’issue à la crise du capitalisme par la croissance écologique au service du pouvoir d’achat, de l’emploi, des services publics et de l’innovation.

2. Répondre de manière nette à la crise identitaire de notre Parti. Nous voulons un Parti de militants, où chacun ait sa place, où la liberté de parole de parole ne porte jamais atteinte à son unité, où soit réaffirmé le principe de cotisation volontaire et progressive. Nous voulons ouvrir notre Parti à toutes les forces vives de la gauche pour qu’il redevienne un lieu privilégié d’échange et de débat.

3. Sortir de l’ambiguïté sur la question des alliances : on ne peut porter un projet de gauche qu’avec les formations politiques qui se reconnaissent durablement dans les valeurs de la gauche. Et il suffit d’écouter Bayrou commenter notre congrès pour être définitivement vacciné sur les perspectives d’un contrat de gouvernement avec le MODEM.

Non, il n’est pas possible de renvoyer à plus tard cette question sur laquelle plus de 70% des militants se sont prononcés clairement.

Ce sont ces questions de fond qui n’ont pas permis d’opérer un rassemblement sur la base de la motion de Ségolène Royal.

Et force est de constater que des postures tactiques et des logiques individualistes n’ont pas permis non plus une synthèse avec les motions de Martine Aubry et de Benoît Hamon, alors qu’existait la possibilité d’un accord sur l’orientation.

Bertrand Delanoë n’a pas voulu ajouter de la crise à la crise en poussant jusqu’au bout la logique meurtrière d’une candidature supplémentaire au poste de 1er Secrétaire.

Le 20 Novembre, tu es donc placé-e devant un choix redoutable ! Seul, avec ton bulletin de vote, il t’est demandé de trancher ce que, collectivement, le congrès a été incapable de faire. Cela en dit long sur l’état de notre démocratie interne et sur son glissement vers son plus mauvais penchant : la présidentialisation, l’hyper-personnalisation de notre outil collectif.

En conscience et avec responsabilité, mon choix sera dicté par la nécessité d’élire un-e 1er Secrétaire qui pourra s’appuyer sur une majorité au Conseil National pour engager la refondation du Parti dans le déploiement de son identité ancrée à gauche, fidèle à son histoire, assumant son réformisme, intrinsèquement européen et plus que jamais enraciné dans les profondeurs de notre peuple.

ET POUR NOTRE FEDERATION ?

Quant à notre Fédération, j’ai déjà dit depuis longtemps qu’elle avait impérativement besoin d’un nouveau rassemblement. Chacun le sait : j’ai soutenu l’initiative prise il y a bientôt un an par de nombreux jeunes camarades pour donner un nouveau souffle au Parti en Essonne.

L’unité du Parti vient d’être ébranlée dans notre Département. Il va nous falloir beaucoup de force et de cohérence pour en gérer les conséquences dans plusieurs villes et au Conseil Général. Les échéances européennes, régionales et cantonales de 2009 à 2011 vont être redoutables en Essonne et nous devons impérativement reprendre pied là où nous nous sommes dangereusement affaiblis.

Bref, la tâche est immense !

J’ai déclaré ma candidature pour participer à une construction nouvelle dans notre Fédération, pas pour ajouter à nos divisions.

Cohérent, en plein accord avec Bertrand Delanoë, je la retire.

J’appelle les socialistes qui se reconnaissent dans la démarche de la motion A à choisir le candidat qui incarne le mieux la conception que notre motion porte pour le changement dans notre Fédération et pour son unité. Pour ma part, j’attacherai beaucoup de prix aux engagements qui seront pris pour garantir que notre Fédération sortira vraiment de la logique des clans, pour que le 1 er Fédéral ne soit placé sous aucune tutelle territoriale ou de leadership, à faire la preuve qu’il portera la conception d’un parti de masse ET socialiste, rassembleur de toute la gauche, sans ambiguïté sur le MODEM, en particulier pour les élections régionales et cantonales, pour qu’il associe tous les talents dans un travail acharné de reconquête idéologique et territoriale.

Amitiés socialistes.

 

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