25.08.2009

TROUBLANTE RENTREE...

Aux yeux de beaucoup, la (les) rentrée(s) du (des?) Partis socialiste(s...) peut sembler déroutante. La crise est loin d'être derrière nous, le chômage des jeunes va exploser, les finances de l'Etat sont dans le rouge vif, les collectivités locales vont subir le feu roulant des "réformes" de Sarkozy avec l'objectif de les réduire et de les contraindre, les élections régionales sont dans 6 mois et la droite veut en faire un tremplin pour 2012, pendant que d'autres veulent en faire une occasion pour fragiliser encore plus le PS, le Parlement va être saisi du projet de modification du statut de la Poste pour en réduire le caractère de service public et depuis 8 jours, nous croulons sous les commentaires sur... les primaires et sur les alliances pour 2012.

Ne croyez pas que je donne dans l'ironie facile et que je mésestime l'importance du débat lancé. Je veux juste indiquer que nous ferions bien de le replacer dans son contexte, sous peine qu'il tourne vite à vide et qu'il lasse ceux qui n'en finissent pas d'attendre que nous prenions nos responsabilités.

Que signifie cette question des primaires qui serait devenue l'alpha et l'omega de la rénovation de la gauche? Deux choses simples à mon avis.

La première est incontestable: la participation de millions de citoyens à la désignation de celui ou de celle qui sera en capacité de gagner l'élection majeure de nos institutions en 2012 est une question vitale pour régénérer notre démocratie et pour créer une dynamique victorieuse.

La deuxième est déjà plus complexe et il faut appeler un chat un chat: si le congrès de Reims n'avait pas été aussi calamiteux, qu'il avait permis de trancher ce qu'un congrès du principal parti d'opposition doit trancher - une orientation, une stratégie d'alliance et un leader - nous n'aurions pas de telles poussées d'adrénaline. Je ne dis pas que les primaires ne s'imposaient plus mais elles auraient une autre dimension. Le ou la leader avait vocation à être candidat-e. Seulement voilà, Reims a été un congrès d'empêchement et nous "trainons" depuis 2002 la lancinante crise de leadership qui vient aggraver la crise d'identité et de crédibilité que nous avons payé cher aux européennes et que nous pouvons repayer aux régionales. D'où l'ambiguité du débat qu'il faudra bien lever rapidement pour rendre le processus des primaires praticable et utile. 

De quelle primaire les uns et les autres parlent-ils vraiment?

De celle qui vise à désigner un candidat unique de la gauche? Et au delà de la gauche? Why not? Mais soyons lucides. Les écologistes ont été on ne peut plus clairs. Ils veulent profiter des régionales pour nous disputer le leadership à gauche. Bayrou a prévenu: il sera candidat quoi qu'il arrive en 2012 et franchement ce n'est pas un scoop, le Modem n'est là que pour cela. Robert Hue est sympathique mais très minoritaire au PC. Mélenchon n'a pas fondé le PG pour ne pas concourir en 2012. Bref il y aurait du boulot pour convaincre... Et last but not least, une possibilité que la personnalité choisie soit autre que socialiste. Laurent Fabius parlait de transformation politique profonde. pour le coup cela en serait une, majeure!

Alors, une primaire pour la candidature socialiste? Et l'on en revient à cette fameuse crise de leadership que nous subissons depuis 2002. Faute de pouvoir trancher, nous externalisons la question. Comme dirait quelqu'un, c'est peut être inévitable. Je lisais dans le Figaro de ce matin que les italiens en sont à leur troisième primaire en...4 ans.

Quelle que soit la manière dont le débat va se trancher, je préconise que nous le menions avec 2 balises fortes.

Première balise: il ne peut pas y avoir de primaire gagnante pour 2012 qui s'organise sur la base de la décomposition accélérée du Parti socialiste. Au contraire, elle doit servir à REPOLARISER la gauche autour d'un PS profondément renouvelé dans ses idées et ses méthodes démocratiques totalement ouvert à la société.

Deuxième balise: la pire des choses serait que ce débat aboutisse à faire l'impasse sur les élections régionales. Elles vont être rudes, en particulier sur la question du rassemblement face à la droite. Je sais que ce n'est pas dans l'esprit de ses farouches partisans. Mais nous connaissons notre propension à conduire des débats en croyant qu'ils organisent toute la vie politique...

Au fond, la clé de tout cela est la suivante. Contrairement à la droite, notre difficulté à choisir un leader pèse de plus en plus sur notre capacité à fédérer nos partenaires qui n'accordent plus crédit aux projets de gouvernement que nous proposons et à force d'être un parti de gouvernement qui ne gouverne pas, nous pourrions devenir rapidement une force de moins en moins centrale à gauche. La question des primaires recèle en vérité celle de notre capacité à opérer les mutations indispensables pour nous adapter à la réalité nouvelle de nos institutions depuis le quinquennat et l'inversion du calendrier présidentielle/législative.

 

 

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