La période des voeux est lancée. Elle s'achèvera en Essonne par ceux du Conseil général le 31 Janvier, dans l'enceinte de la cité administrative car nos amis de Sainte Geneviève des Bois n'ont pas installé cette année leur magnifique chapiteau que nous leur louyions. Les voeux, que je vous adresse chaleureusement, c'est l'occasion de voir en peu de temps beaucoup d'amis, de personnalités politiques, syndicales, associatives, de citoyens avec qui les élus sont en contact tout au long de l'année. C'est aussi la possibilité de "tater" le pouls, l'état d'esprit du moment.
J'ai bien sûr participé aux voeux de la municipalité d'Evry. C'est mon port d'attache. J'ai senti plus de gravité, d'inquiétude parmi les centaines d'invités présents. Et ce qui m'a le plus frappé, c'est l'insistance mise à souhaiter une bonne santé. Je me suis demandé si c'était lié à mon vieillissement... Mais non, c'était comme un leitmotiv général. Un peu comme si était intériorisé le fait que l'année va être très difficile socialement et qu'au moins, "quand la santé va, tout va".
Les voeux de santé c'est aussi, en creux, l'espérance que l'on va être protégé. Et je crois que, comme jamais depuis plus de 20 ans, cela va être la priorité de l'action des collectivités locales. Cela devrait être celui de l'Etat républicain et social. On sait que ce n'est pas le cas. Le cynisme avec lequel le Président de la République a annoncé une réforme des hôpitaux sans moyens et en se permettant de faire la leçon sur la manière de gérer la santé publique, lui qui a instauré les franchises médicales, est révélatrice de la volonté de la droite: oui au renflouement des banques (c'était sans doute indispensable) mais non au soutien des services publics, du pouvoir d'achat des plus fragiles.
Depuis mon retour de congés, je passe l'essentiel de mon temps à préparer le budget du Département et celui de la ville d'Evry. C'est stressant parce que jamais depuis 20 ans, les recettes des collectivités n'a baissé en valeur absolue. En 2009, nous y sommes.
J'entends d'ici la droite nous dire: c'est de votre faute! La gauche c'est la gabegie, le gène de la dépense, de l'impôt, le "toujours plus" décrié depuis des décennies par l'économiste (sic) De Closets. Alors je n'ai pas pu m'empêcher de sourire lorsque j'ai lu dans le journal "les Echos" de Vendredi 9 Janvier une page entière consacrée à la situation financière des départements. Si cela vous intéresse, vous y trouverez les propos que j'ai tenus. Mais là n'est pas l'essentiel. J'ai appris que 2 des départements les plus riches de France - les Alpes Maritimes, 1,4 milliard d'€ de budget et les Hauts de Seine, 1,7 milliard d'€, - vont augmenter leurs impôts à cause de la crise financière qui les frappe. Dois je préciser qu'ils sont tous les deux solidement ancrés à droite?
Le moment de sourire passé, cela ne me rejouis évidemment pas car là bas comme chez nous l'injustice fiscale est la même.
Je souhaite vivement que le Parti socialiste, maintenant de nouveau au travail au service des Français, prenne les initiatives nécessaires dans les toutes prochaines semaines pour que les collectivités locales soient incluses dans un plan de relance, de telle sorte qu'elles puissent renforcer leur rôle de proximité au service des plus défavorisés et leurs investissements au service du développement du pays (l'investissement des collectivités locales représente 800 000 emplois dans les services, l'industrie et les travaux publics).