20/01/2014

Mon blog change d'adresse !

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Retrouvez toute mon actualité et celle de la liste "Ensemble pour Réussir à Evry" sur mon nouveau blog :

 

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17:42 Publié dans Actualités | Francis Chouat | Commentaires (1) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

09/01/2014

Face à la haine, nous ne baisserons jamais les bras

12881_une.jpgIl n’est pas dans mes habitudes de commenter des décisions de justice, encore moins de les critiquer. Les juges sont souverains…

Mais je dois néanmoins avouer que je suis soulagé par la décision du Conseil d’Etat d’interdire le « spectacle » de Monsieur Dieudonné M’Bala M’Bala.

N’en déplaise à certains, Manuel Valls n’a finalement pas perdu son pari. Le combat qu’il mène contre les idées haineuses véhiculées par Monsieur Dieudonné M’Bala M’Bala n’a, à aucun moment, cessé, d’être totalement juste et nécessaire. La décision du Tribunal Administratif de Nantes n’enlevait d’ailleurs en rien la pertinence de cette lutte sur le fond. Au contraire, le tribunal administratif de Nantes avait déjà bien confirmé la thèse qui fait du respect de la dignité de la personne humaine une composante fondamentale de l’ordre public

La saisine par le ministre de l’Intérieur du Conseil d’Etat a prouvé sa détermination et lui a donné raison. Je ne peux que me réjouir et saluer son courage.

Le combat continue. Il sera long, tortueux mais les Républicains de ce pays se doivent de le mener. C’est une obligation morale.

06/01/2014

Face à la haine et à la bêtise, les mots ne suffisent plus

dieudonné.jpgIl y a de cela quelques jours je me suis indigné ici même des dérives antisémites et des fréquents appels à la haine de Monsieur Dieudonné M’Bala M’Bala et de ces sombres acolytes. Si l’indignation était et est toujours nécessaire face à de telles attaques, elle ne suffit malheureusement plus. Lorsque l’on apprend que le Mur de la Paix installé sur le Champ de Mars a été vandalisé cette nuit par une inscription ouvertement antisémite, faisant référence à l’écœurant jeu de mot « shoahnanas » du même Dieudonné, nul démocrate ne peut désormais se contenter d’une simple déclaration de condamnation. Il est temps de passer des mots aux actes !

Pour répondre à ce triste phénomène, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault et le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls ont finalisé dés ce matin, lors d'un entretien à Matignon, la circulaire qui va être adressée dans les prochains jours aux préfets sur les « spectacles » de Dieudonné. Celle-ci permettra de prendre des dispositions pour empêcher la banalisation des propos antisémites.

Qui peut prétendre qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public lorsque de tels actes sont perpétrés ? Les empêcher, ce n’est pas comme veulent le croire certains, instaurer une police de la pensée. Car écrire des propos antisémites, les prononcer dans des spectacles publics, ce n’est pas penser : c’est Agir ! C’est précisément le sens de la circulaire que le Ministre de l’Intérieur vient de publier et qui rappelle que les « spectacles » de Monsieur M’Bala M’Bala constituent en eux-mêmes des troubles à l’ordre public dés lors qu’ils portent atteinte par leur teneur à la dignité humaine.

Cette solution est la bonne. Elle est la seule à même de lutter efficacement contre des réunions qui n’ont depuis bien longtemps plus rien à voir avec des spectacles humoristiques. Jusqu’ici les préfets étaient démunis face à ces rassemblements de la haine. Monsieur M’Bala M’Bala et ses amis le savaient d’ailleurs pertinemment, jouant avec ce vide juridique. L’autorité préfectorale est désormais en capacité de les empêcher de déverser leurs propos antisémites en toute impunité.  

Face à des assaillants déterminés et rusés, la République doit savoir réagir. Par des faits et des actes. Le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur ont réagi à temps ! Ils ont suivi le précepte de Jean-Jacques Rousseau selon lequel « il n’y a que la force de l’Etat qui fasse la liberté de ses membres ».

30/12/2013

Montrer l'exemple

anelka, quenelle, dieudonné,evry, pompier Dans quelques jours, juste après les vacances de Noel, je me rendrai, comme l'an dernier, dans chacune des écoles primaires d'Evry pour y rencontrer parents, enseignants et élèves. Lorsque je demanderai a ces derniers ce qu'ils rêvent de devenir dans la vie, la réponse des garcons sera, je le sais déjà, presqu' invariablement la meme : les uns voudront être footballeurs, les autres pompiers...
 
On a coutume de rappeler aux élus l'exigence bien naturelle d'exemplarité qui est la leur. Ils ne sont évidemment pas les seuls. Beaucoup de nos jeunes regardent avec admiration ceux de leurs ainés qui ont des métiers exceptionnels qu'ils consistent à marquer des buts en championnat ou à sauver des vies.
 
Or hier à quelques heures d'intervalle, un même geste a terni l'image que doivent nous renvoyer ces deux professions pas comme les autres.
 
Comme de nombreux français je regardais hier la télévision, en quête des résultats sportifs. Au milieu des résumés et des buts, une anomalie, curieuse, comme irréelle : Nicolas Anelka, l'enfant terrible du football français, célébra son but au travers d'un geste désormais bien connu : une quenelle...Le même jour je découvrais avec stupeur qu'un pompier professionnel d'Evry posait en tenue sur une photo prise en service en exécutant ce même geste...à la mode paraît-il !
 
Dans les deux cas des voix se sont élevées et demandent dores et déjà à juste titre des sanctions ! Dans les deux cas, nul doute que les acteurs argueront de leur bonne foi et de l'absence d'arrière-pensée à ce geste de reconnaissance haineux.
 
La quenelle, ce geste inventé par l'ex humoriste Dieudonné, soi-disant anti-système, mais avant tout antisémite.
 
Ce geste qui pullule sur les réseaux sociaux, au travers de personnalités du sport, de la chanson, mais aussi de simples anonymes semble marquer l'apogée de la société de la dérision et de l'inculture. Faire une quenelle c'est marrant, ça fait rebelle. "En mode quenelle, LOL" peut-on lire sur certains blogs...
 
Mais oui ! Rire de la shoah, c'est tendance. Dénoncer le complot judéo-maçonnique c'est cool. Car voilà la vraie nature de Dieudonné et des ses amis "quenelliers" : un racisme ranci tout droit sorti des années 30. Et il serait devenu jeune et branchouille passé au simple tamis de Youtube ?! Stop à cette bouillie intellectuelle insipide !
 
La plupart des personnes qui s'adonnent à ce geste ne se rendent en réalité pas compte de la portée de leur geste. Que penser des intentions réelles de Nicolas Anelka ou de ce pompier d'Evry ? Les propos publics de ce dernier à l'attention de Jean-Marie Le Pen ou privés à l'égard de M. M'bala M'bala, laissant à cernier le soin de les rendre publics sont sans équivoque. Il s'agit non pas d'une manifestation de soutien à un ami comme s'en défend Nicolas Anelka; il s'agit ni plus ni moins que d'afficher son soutien à une cause et d'exprimer ainsi une opinion que je ne peux pas qualifier de politique tant elle est porteuse de haine. Une démocratie ne sonde pas les âmes, mais se doit de condamner et d'empêcher les actes. Car au mieux ces deux là font-ils partie de ces idiots utiles du racisme 2.0 qui doit nous inquiéter, nous républicains des deux rives, femmes et hommes attachés à une certaine idée de l'émancipation et du progrès.  Comment expliquer que ces français, pourtant si différents les uns des autres, passés par l'école de la République, souvent diplômés et bien intégrés dans la société, s'adonnent à cette bêtise abjecte ? Où avons-nous échoué ? Quelle solution devons-nous apporter ? La réponse se trouve à mon sens comme toujours dans l'education républicaine.
 
Il est de notre devoir de réinventer un rêve français. Nous ne devons pas avoir honte de mettre en avant nos valeurs et notre histoire. Celle issue des Lumières, de la Révolution, de la Commune, du Front Populaire. De créer, comme le théorisait Roland Barthes, des mythologies, accessibles à toutes et à tous, fédératrices et qui donnent envie d'aller de l'avant.
 
Nous sommes en pleine bataille culturelle. Celle-ci doit se mener avec bravoure et force, en opérant les même stratégies, en usant des mêmes armes que l'ennemi.
 
Nous devons agir. Réaffirmer  avec force et vigueur le socle de notre modèle républicain. Non ce n'est pas ringard de défendre la République, de se battre pour l'égalité, d'exiger la laïcité...
 
Jamais nous n'accepterons que Messieurs Soral, Faurisson et M'bala M'bala  créatures abjectes biberonnées au sein de la bête immonde, puissent devenir respectables et tendances ! Jamais nous n'accepterons non plus que ceux qui doivent être des exemples pour notre jeunesse deviennent leur marionettes !
 
 


28/11/2013

Minable manipulation de Médiapart : pourquoi je porte plainte

Je fais l’objet depuis quelques jours d’une manipulation de la part de Médiapart. Je tiens à rétablir sans délai les faits.

Le premier d’entre eux c’est que malgré un titre calomnieux « Un bras droit de Valls mis en cause pour sa gestion des ordures ménagères » par le député maire UMP d'Etampes, personne ne m’accuse de quoi que ce soit et Monsieur Marlin, lui-même, a affirmé dans le Parisien que je n’étais pas visé. Médiapart cherche donc à régler des comptes. Nous sommes face à une entreprise qui vise à salir un proche de Manuel Valls et à mettre en cause la gestion d'une société d’économie mixte détenue en très grande majorité par les collectivités. 

En quarante ans de vie publique, dont 10 ans comme administrateur d'une collectivité locale et 13 ans de mandat électif, jamais je n'ai tenté d’influer sur la décision d’une commission d’appel d’offre. Et dois-je rappeler que je ne siège pas et n’ai jamais siégé à la commission d’appel d’offre du SIREDOM ?! J'ai été vice-président chargé de redresser les finances du SIREDOM, syndicat intercommunal de près de 120 collectivités essonniennes, présidé par le député maire d'Etampes. Tout le monde a eu à s'en réjouir et mes relations avec le Président de la commission d'appel d'offre ont toujours respecté le principe de l'indépendance de celle ci.

Mais, comme la machine à rumeurs n’arrive pas à s’embrayer, l’on rajoute des inventions aux manipulations.

Invention selon laquelle je démissionnerais de la société d’économie mixte sous la pression, allant même jusqu’à imaginer des rendez-vous entre le président du Conseil Général de l’Essonne et moi qui n’ont jamais eu lieu.

Or la réalité s’impose : j’ai informé officiellement le Président du Conseil général de l'Essonne de ma décision de quitter mes fonctions au Conseil d'administration de la SEMARDEL le 21 octobre dernier. Il y a donc plus d'un mois!

 Je l'ai décidé pour deux raisons :

La première, c’est que lorsque j’ai été nommé président de la SEMARDEL, en tant que représentant du Conseil général de l’Essonne, je n’étais alors ni maire d'Evry, ni président de la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne. Pour des raisons de temps et de disponibilité, j’ai donc fait part de ma volonté de me consacrer pleinement à mes tâches de maire et président d’agglomération.

La seconde est d’ordre déontologique. Alors que rien juridiquement ne m’y oblige, j’ai souhaité quitter ma fonction de président de la SEMARDEL car en ma qualité de président d’agglomération, je m’applique précisément le principe de ne jamais être concerné par un  éventuel conflit d’intérêt.

Dans Médiapart, tout cela se transforme en une démission d’urgence, sous la pression.

C’est scandaleux !

C’est diffamatoire !

C’est la raison pour laquelle je dépose plainte contre Médiapart.

17:13 Publié dans coup de gueule | Francis Chouat | Commentaires (4) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

27/11/2013

Les loups étaient entrés dans la crèche

babyloup.jpgUne violente claque. Une de ces défaites qui laissent un goût rance dans la bouche. C’est ce que nous avons ressenti à l’annonce du départ de la crèche Baby Loup de Chanteloup-les-Vignes.

Mais, depuis les réquisitions du procureur général devant la Cour d’Appel de Paris, il était permis de croire que la justice saura écrire une nouvelle page de la laïcité en France. Nous attendions ce 27 novembre non sans une certaine fébrilité.

Car le départ de Baby Loup fait mal quand on voit le travail remarquable réalisé par cette crèche associative dans un quartier difficile, au service d’une population pauvre et fragile, partir désormais en fumée. Cela fait encore plus mal quand on connaît les raisons de cet arrêt. Depuis des mois le personnel et la direction de Baby Loup étaient soumis à des insultes, des menaces, des pressions de la part de personnes qui n’ont pour but que d’empêcher toute mixité, qui vouent à la laïcité et au vivre ensemble une haine féroce.

Ces apprentis sorciers du communautarisme peuvent aujourd’hui se réjouir du départ de Babyloup. Leur pré-carré est préservé. Ils peuvent continuer à maintenir sous leur coupe des populations fragilisées et précarisées à qui ils refusent toute possibilité d’émancipation.

Car ne nous y trompons pas, Baby Loup dérangeait ces petits caïds de l’obscurantisme dans leur entreprise de casse. Eux qui refusent aux femmes toute liberté, qui considèrent la République comme une ennemie, qui jouent sur les peurs et les stigmatisations, tentant de monter les populations les unes contre les autres avec une délectation malsaine…

Avec l'arrêt du 19 mars, qui a rendu pour la première fois illicite l’ambition de laisser les effets religieux à la porte de la crèche, la Cour de cassation a ouvert la boîte de pandore. Elle a donné à la contestation communautaire et religieuse une onction légale. Il revenait désormais à la Cour d’Appel de Paris de refermer cette dangereuse parenthèse et de lever toute ambiguïté. C’est désormais chose faite. Nous ne pouvons que saluer la sagesse de cette décision. 

Tout ceci était sans compter également sur une certaine complicité, du moins un silence assourdissant depuis quelques jours qui en dit long sur la mobilisation de certaines élites politiques et intellectuelles quand il s’agit de défendre la laïcité. Où est passée depuis quelques jours une partie de la gauche, politique et associative, qui fait pourtant pleuvoir des communiqués de presse avec une rapidité déconcertante sur certains sujets ? Cette même gauche, si prompte à donner des leçons de républicanisme, ne semble pas voir dans le départ de la crèche Baby Loup une menace suffisamment importante…A trop vouloir être apôtre du différencialisme, serait-elle devenue otage du communautarisme ? A force d’avancer avec des œillères idéologiques, ne serait-elle pas devenue, en fin de compte, une alliée objective de l’obscurantisme religieux ? Ce n’est pas à nous de répondre pour elle.

Notre réponse, en revanche, nous la connaissons. Elle est claire et sans ambiguïté. C’est un soutien sans faille au principe de laïcité. Une laïcité qui ne soit pas « positive » ou suivie d’un quelconque adjectif qui de toute façon a vocation à l’affaiblir. Une laïcité qui ne se résume pas à un concept philosophique abstrait, à une vague curiosité que l’on placerait sous cloche, que l’on rangerait sur l’étagère d’une mémoire collective défraîchie mais au contraire un principe vivant, un principe concret au cœur même des changements de société et qui doit permettre à l’Homme de s’émanciper.

Loin de l’angélisme coupable d’une partie de la gauche et des discours de haine et d’exclusion portés par l’extrême droite et une partie de la droite, la laïcité que nous, républicains, mettons en avant, est un garant essentiel du vivre-ensemble, une richesse inouïe qui permet à toutes et tous de vivre pleinement sa qualité de citoyen.
 
 Dans la République que nous aimons, il n’y a pas de citoyens de seconde zone.

26/11/2013

Lutte contre les violences faites aux femmes : une priorité, une urgence

 

violences_femmes.jpgJ’ai la joie d’accueillir aujourd'hui en mairie d’Evry l'association La Voix des Jeunes qui organise dans le cadre de ses 20 ans d'existence une conférence-débat sur les Combats de Femmes contre les violences sexuelles et sexistes dans le monde au XXIème siècle.

Cette journée, construite en partenariat avec la Mairie d'Evry,se veut un temps d'information, de sensibilisation et d'échanges qui s'inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Car la réalité fait froid dans le dos. Chaque année, 201 000 femmes âgées de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. Pire, 148 femmes en France en 2012 sont décédées suite aux coups portés par leur conjoint ou ex-conjoint. Cette violence du quotidien, de la sphère privée ne doit pas être passée sous silence. Ces femmes sont des victimes, leurs agresseurs des criminels.

Et la lutte contre les violences faites aux femmes est également une bataille culturelle, celle du respect et de l’égalité. Celle-ci passe par l’éducation et la prévention, seuls moyens viables pour faire tomber les préjugés qui engendrent intolérance et discrimination. Et c’est le rôle des pouvoirs publics que d’impulser cette dynamique. Nous devons réaffirmer ces principes sans relâche, dés l’école primaire, c’est ce que fait le ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon au travers de la morale laïque, ou par le biais de campagnes d’information, comme  la récente « Violences contre les femmes, la loi vous protège » menée à l’initiative de la ministre  des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem qui a par ailleurs annoncé à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, un important et ambitieux plan triennal.

Et le combat n’est pas gagné d’avance, lorsque l’on voit la sombre cohorte des 343 salopards autoproclamés, qui revendiquent dans une pétition rance leur droit à la pute (sic). Cette alliage détonnant entre réactionnaires phallocrates patentés cherchant à réhabiliter le droit de cuissage, fêtards mondains décadents en mal de buzz et idiots utiles de la marchandisation libérale des corps vient s’ajouter au climat malsain qui avait vu le jour avec l’opposition au mariage pour tous.

La réalité, nous le savons, est beaucoup moins paillette. C’est la douleur des femmes battues, insultées, humiliées. C’est la honte qui empêche de parler, de dénoncer, de témoigner.

La lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas un combat annexe, pas un sujet mineur. C’est une priorité de chaque instant. Les associations comme La Voix des Jeunes ou Le Nid œuvrent déjà sur le terrain en ce sens depuis longtemps. L’État renforce désormais son action dans le domaine. J’espère sincèrement que ces actions coordonnées permettront de changer les mentalités et de faire reculer ces violences intolérables. Souvenons-nous des paroles de Romain Rolland le pacifiste qui disait que « la violence est la loi de la brute »

11:50 Publié dans Actualités, Enjeux nationaux, Evry | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

20/11/2013

Un très beau et personnel discours de Manuel Valls

FCLH.jpg


Voici l'allocution du Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, lors la cérémonie de remise de ma Légion d'Honneur :

 



copyright photo Corbeil-Infos


Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, messieurs,
Cher monsieur le maire d’Evry, cher Francis CHOUAT, mon ami,

Le formalisme du moment solennel qui nous rassemble imposerait l’emploi du « vous » ; c’est une marque de respect. Je dérogerai cependant à cette règle car,pour nous qui sommes si proches, la marque du respect et de l’amitié, c’est l’emploi du « tu » ; ce « tu » fraternel, à l’image des liens qui nous unissent.

Une remise de légion d’honneur est un moment d’émotion. Généralement pour le récipiendaire…

Ce soir, l’émotion vaut pour les deux : pour celui qui reçoit, autant que pour celui qui remet ; celui par qui la République exprime sa profonde gratitude pour une action continue, déterminée, au service de la collectivité.

C’est l’engagement, ton engagement, que nous saluons.

Non pas l’engagement partisan,même s’il a son importance. Mais l’engagement au profit de l’intérêt général. Et je sais qu’il vaut pour la très large majorité des élus de la République, au-delà des clivages. J’en profite pour saluer et rendre hommage à tous les élus ici présents, et à travers eux, à tous les élus qui, partout en France, au quotidien, se mobilisent, donnent de leur temps. Ils font vivre la démocratie qui est notre bien commun.

Dans cette période troublée, où des mots terribles, infamants, des injures, se font entendre, il est nécessaire de nous retrouver, de faire bloc autour des valeurs de la République, de ce qui fait sa force, sa grandeur. C’est notre responsabilité collective.  Nous ne devons rien lâcher !


« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ». Cette fameuse tirade de Corneille, extraite du Cid– un espagnol … –, semble écrite pour toi, cher Francis.

 « Âmes bien nées », j’y reviendrai ; je veux avant tout me concentrer sur « la valeur » et « le nombre des années ».

C’est, en effet, en tant que jeune lycéen,un certain mois de mai 1968, que tu te jettes dans l’arène politique. Tu as déjà le goût du verbe. Tu sais aussi fédérer autour de toi, dans ce lycée de Saint-Germain … Saint-Germain en Laye – et non des prés – même si l’on te retrouve militant dans ce quartier latin si bouillonnant d’idées.Et aussi de pavés …

Tu es entré dans l’arène politique pour ne plus jamais la quitter.

Les responsabilités se succèdent : au sein du Syndicat national des enseignants du second degré, au Parti communiste français dont tu deviens un permanent, puis auprès du maire de Gennevilliers, Jacques BRUNHES, avant d’intégrer le cabinet du président du Conseil régional d’Ile-de-France,Jean-Paul HUCHON. Je suis alors vice-président. Et c’est dans ce cadre que nous faisons connaissance.

Cette rencontre avait été, je le crois, programmée … par le destin. Car, en fait, nous nous étions déjà côtoyés, mais sans jamais que nos vies ne se croisent vraiment.

La première fois – il y a longtemps – ce fut au Lycée Charlemagne, à Paris. J’y étais un collégien de 12 ou 13 ans. Tu y étais « pion », moyen pour toi, fils d’un milieu modeste, de payer tes études d’histoire. Je ne me rappelle pas de toi… Mais c’est parce que ma mémoire s’est plutôt emplie d’autres souvenirs. Souvenirs notamment du café « Casimir », à l’angle, où l’on se pressait pour échapper à la nourriture de la cantine. Souvenirs de parties acharnées de flipper. Souvenirs, aussi, de la fille du patron du Casimir, qui avait de si jolis yeux et sur laquelle son père, un polonais, massif, veillait… Mais de tes yeux, cher Francis, aucune trace… 

Permets-moi simplement de faire remarquer que,de fait, comme « pion », tu as été pour moi une figure de l’autorité. Disons que tu as été en quelque sorte un ministre de l’intérieur …bien avant que je ne le devienne à mon tour…

La deuxième occasion où nous sommes côtoyés, ce fut à Argenteuil, ville d’ailleurs où tu es né – autre signe du destin – en marge de la campagne municipale de 1995. Le maire sortant Roger MONTDARGENT, à la tête d’une liste « divers gauche », dans laquelle figuraient d’anciens communistes, était opposé à la liste PS-PC, conduite par Roger OUVRARD, à laquelle j’appartenais. Bref, nous étions concurrents. Pour décrire le mouvement auquel, à la suite de Charles FITERMAN, d’anciens communistes comme toi participaient, j’avais d’ailleurs ,à l’époque, trouvé cette formule – je vous laisse juger … – : « refondateurs à Paris, staliniens à Argenteuil ». Admirez le sens de la mesure …

A la région, c’est au contraire un homme à l’écoute, passionné par le monde des idées, un homme entier mais pudique, un homme de convictions, d’engagement, que j’apprends à connaître et à apprécier. Une complicité politique naît. Et la vie fait que nous arrivons ensemble, ici, à Evry. Nous menons alors la campagne municipale victorieuse de 2001. Et pendant 11 ans, avec toi à mes côtés, cher Francis, j’ai eu tant de plaisir à être maire de cette ville. Avec tous les élus, au fil des années, nous avons accompli tant de choses.

Cher Francis,

Les gens autour de toi sont unanimes : tu es un homme loyal. Et c’est une qualité rare. Loyal à tes idées, aux femmes et aux hommes qui t’entourent et travaillent avec toi, aux Évryens, aux habitants de la communauté d’agglomération, aux Essonniens dont tu veilles sur les intérêts dans tes fonctions de 1er vice-président du Conseil général, d’abord auprès de Michel BERSON, élu de notre ville, puis de Jérôme GUEDJ.

Je sais qu’il n’y a pas une école, un gymnase, un centre de loisir, un équipement municipal que tu ne connaisses pas ; qu’il n’y a pas un quartier, un pâté de maisons, une rue dont tu ne saches pas les caractéristiques et les problèmes spécifiques.

Tu es à l’image de ces élus de terrain, investis et au contact de la population. C’est ce qui fait que le mandat local est à la fois si prenant mais ô combien exaltant.

Je repends la tirade du Cid et j’en viens aux « âmes bien nés ».

Corneille pensait bien sûr à la noblesse d’épée. Je pense à la noblesse de cœur. Celle de ton milieu familial, de tes parents, femme et homme de gauche, qui t’ont donné le goût des débats, des confrontations de points de vue. Celle aussi de ce grand-père maternel, agriculteur, dans la Haute-Garonne, maire radical-socialiste de sa commune aux débuts des années 20. Chez ce grand-père, figure imposante, pendant les vacances scolaires, on se remémorait les oppositions, les confrontations si dures de l’affaire Dreyfus. On parlait des débats agités autour de la loi de 1905 et de la séparation de l’Église et de l’État. On plaidait sans relâche la cause de la laïcité. On puisait donc à la source de notre République. 

Et cette terre si magique de ton enfance je sais combien elle compte encore pour toi. C’est celle des retrouvailles avec la famille, les cousins, les amis. C’est le lieu de longues balades en groupe, des palombières autour desquelles on se rassemble, et des banquets où l’on peut refaire le monde, et qui se prolongent dans le temps, non pas que l’on y mange sans fin, mais simplement car on pas envie de se quitter. On y est en si bonne compagnie. Et si le ton monte, chacun est complice de ce jeu qui est une manière discrète pour dire que l’on se veut mutuellement du bien.

Cette terre pyrénéenne du Comminges, pas si lointaine finalement de la Catalogne … cette terre où se trouve la ferme familiale, elle est – tout le monde ne le sait pas –profondément inscrite en toi. Au point parfois que ta compétence territoriale voudrait s’étendre bien au-delà de l’Essonne. Je sais qu’une rumeur court à Saint-Gaudens comme quoi tu serais le « sauveur » du commissariat. Je ne démentirai pas… mais je ne confirmerai pas non plus … la légende est donc en marche.

Une légende qui est d’autant plus forte qu’elle est couplée à l’exil : ton frère ainé Didier, dans les Côtes d’Armor, dont il fut le député, et toi en région parisienne.

J’évoquais à l’instant les banquets où l’on parle. Où l’on parle longtemps … Nous comprenons donc mieux, cher Francis, la cause … de … je cherche une périphrase habile … de ton abondance oratoire.

Desmauvaises langues ont pu également l’attribuer à une certaine culture politique – comprenez à la gauche du socialisme – qui veut que, pour exprimer une idée, il failletrois bons quarts d’heure d’entrée en matière ...

Cette culture, c’est aussi celle de l’exigence intellectuelle dans la lignée de Guy HERMIER, de Charles FITERMAN que j’évoquais, de Jean POPEREN, et de Lionel JOSPIN.  Toute une culture politique qui est aussi une culture historique.

La faute donc à ta formation idéologique… qui fit de toi le seul socialiste, en 1972, après Epinay, à rejoindre le Parti communiste. Il faut saluer ton abnégation et ton absence … de sens politique !

Francis CHOUAT, c’est une parole, certes. Mais une parole réfléchie, argumentée. Une parole qui compte. Et ce fut, pour Anne et moi, une grande joie que cette parole porte les mots qui nous ont unis devant la loi.

Cette parole, c’est aussi une parole tenue, qui a la force de la constance, qui ne vacille pas dans la tempête des hésitations ou des doutes.

Si elle est rocailleuse, c’est aussi parce que Francis CHOUAT est un roc. Francis, c’est la solidité. Une solidité sur laquelle je me suis appuyé, avec bonheur. Mais un roc ne doit pas être qu’en retrait. Il peut aussi être en pointe. Et il était logique, cher Francis, car tu en avais toutes les qualités, toute l’étoffe, que tu portes sur ton nom, devant les habitants, devant le suffrage universel, la responsabilité de l’action menée. D’abord en 2002 en devenant conseiller général d’Evry-Sud /Lisses/Bondoufle, succédant au regretté Jean-Pierre VERVANT – tu y seras réélu en 2004 et 2010 – et puis, bien sûr, depuis juin 2012 comme maire.

Cette parole, c’est aussi une…belle voix.
Peu de gens le savent, mais Francis CHOUAT a un passé. Un passé de… chanteur dans un groupe de rock-and-roll. Si. Si … Et il suffit d’un endroit propice, d’un moment de convivialité, et Francis, si le cœur lui en dit, peut se mettre à chanter. Il a le ton juste. Il suffit pour s’en convaincre de l’entendre dans un karaoké déclamer « les copains d’abord » de Georges BRASSENS, ou « ma France » de Jean FERRAT.


Cher Francis,

Nous avons un autre point commun. Une qualité ! Enfin à mes yeux … Nous avons tous les deux ce que l’on appelle … du caractère.

Et, apparemment, cela remonte à très loin. J’ai appris en effet  que déjà, écolier, quand il s’agissait de passer du Français aux Mathématiques, ton visage se raidissait, que tu devenais bougon, voire un peu … colérique.

L’écolier a grandi. Et les colères aussi … Elles ont la réputation d’être mémorables. Je prends à témoins Geneviève, et le reste de la petite famille : Amandine, Aurélien – qui a adopté Evry - et Viridiana – qui boucle la boucle avec le Chili des années 70. Bravo à vous tous. Nous sommes de tout cœur avec vous !

Ces colères ont également la réputation de passer aussi rapidement qu’elles ont pu surgir, car elles sont en fait une manière de dire ton exigence. Celle d’un homme qui réfléchit vite – très vite ! – et qui veut que les choses avancent au même rythme. Cette exigence, c’est aussi celle que tu t’appliques à toi-même, au point d’oublier parfois de te ménager.
Mais je crois savoir que ces colères cèdent toujours devant un visage : celui d’Anaïs qui a fait de toi un grand-père attentionné et comblé.

Dans les yeux de cette enfant, il y a l’avenir. L’avenir que tu n’as jamais cessé de vouloir bâtir. Tu n’as à aucun moment renoncé à cette injonction rimbaldienne qui était celle du programme commun – ce qui prouve une cohérence personnelle … - et qui est aussi le refrain exigeant de ton action de responsable public : changer la vie.

Changer concrètement la vie des gens, des habitants.

    relance et dynamisation du centre urbain ;
    aboutissement de deux projets Anru dans les quartiers des Pyramides et du Bois Sauvage ;
    restructuration des arènes de l’Agora ;
    génopole, premier bioparc en France ;
    projet du grand stade porté par la communauté d’agglomération.
Tu as toujours voulu porter la collectivité, notre pays, vers le haut.

Et c’est pour cela que, ce soir, notre Nation t’exprime, et nous tous ici rassemblés t’exprimons,la plus grande des gratitudes.


Monsieur Francis CHOUAT, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.

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Un très grand honneur pour moi

 

ChouatLH.jpgJ'ai eu le très grand honneur de recevoir le 14 novembre dernier la médaille de Chevalier de la Légion d'Honneur des mains du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

 

Voici le discours que j'ai prononcé lors de la cérémonie :

 

 

Messieurs les Ministres de l'intérieur, cher Manuel, cher Daniel Vaillant

Monsieur le Préfet et Mesdames Messieurs les représentants des services de l'Etat

Messieurs les Députés et Président du Conseil général, chers Carlos et Jérôme,

Messieurs les Sénateurs, chers Michel Berson et Jean Pierre Caffet,

Monsieur le Président de la fédération française de rugby, cher Pierre Camou,

Mesdames et Messieurs les maires et les élus,

Messieurs les représentants des Autorités religieuses et militaires.

Chers amis du Monde combattant

Mesdames et Messieurs les responsables économiques et sociaux

Mesdames Messieurs

Chers amis,

 

 

 

 

Être distingué par les plus hautes autorités de l'Etat est évidemment un honneur; surtout lorsque cette médaille de Chevalier de la Légion d'honneur m'est remise par vous, Monsieur le Ministre de l'intérieur.

 

J'en remercie aussi Monsieur le Premier Ministre puisque ma nomination procède de l'Hôtel Matignon, mais je sais que vous n'êtes pas pour rien dans cette proposition.

 

C'est un honneur.

 

C'est aussi un plaisir. Immense. Un plaisir personnel, presque intime, qui force la pudeur. Mais c'est surtout le plaisir de vous voir, devant nous, si nombreux et multiples.

 

Vous les Evryens qui m'avez accepté puis adopté il y a maintenant 13 ans.

 

Merci d'être là.

 

J'y vois la marque d'une affection à mon endroit, mais aussi la fierté qu'à travers moi, notre ville soit ainsi mise à l'honneur.

 

Parmi vous, chers Evryens, de nombreuses personnalités ont également pris de leur temps pour être présents.

 

Acteurs politiques et élus de tous horizons. J'ai d'ailleurs bien aimé le message que l'un d'entre vous m'a adressé: "opposant, oui, ennemi, non, je serai donc présent". Comme disait Frédérick Mitterrand il y a quelques jours à la télévision: "la République peut être civilisée..." Elle en a en tout cas bien besoin!

 

Acteurs économiques, sociaux, associatifs, sportifs, culturels, éducatifs, du monde combattant et j'en oublie sans doute.

 

Pour Evry, comme pour moi, votre présence à une signification. Et à travers elle, les très nombreux messages de sympathie et d'optimisme que j'ai reçus ont un sens. La création de la forme nouvelle d'Evry, longtemps après l'Evry des châteaux et des impressionnistes, a été un moment fort de conflit, une violence de l'Etat planificateur qui a suscité beaucoup d'amertume et d'oppositions. 40 ans après, les regards ont changé.

 

Vous n'y êtes pas pour rien, cher Manuel.

 

L'avenir de l'Essonne, de ce vaste Sud Francilien, de cette grande banlieue sans laquelle le grand Paris n'est rien, peut compter de nouveau sur cette nouvelle ville nouvelle, pacifique, dynamique, accueillante, ouverte, généreuse, que nous avons fait repartir de l'avant.

 

..........

....

..

 

Recevoir cette décoration que vous m'avez plastronnée invite à m'interroger devant vous - exercice toujours délicat! - sur ce qui a amené les autorités - et vous même Monsieur le Ministre - à me promouvoir.

 

J'ai écouté avec beaucoup d'attention la lecture que vous faites de cette élévation. Elle me touche beaucoup. J'ai même éprouvé un grand soulagement... En me faisant Chevalier de la Légion d'honneur, vous ne m'avez pas dit, certes avec élégance: "maintenant, cher Francis, que la République t'a mis à l'honneur, tu peux aller cultiver ton jardin". Ce soir marque une étape de ma vie publique et souligne ce qu'une aventure collective peut créer de bien.

 

A mon tour de proposer ma lecture.

 

J'entends déjà, comme Jeanne d'Arc, les voix de mes amis: "Francis, par pitié, étonne nous. Fais court!!"

 

Je vais m'y efforcer.

 

Il y a quasiment 15 ans, Claude Bartolone, alors Ministre de la ville dans le gouvernement de Lionel Jospin, aujourd'hui Président de l'Assemblée Nationale, me remettait l'insigne de Chevalier dans l'ordre national du Mérite. Je venais de quitter mes fonctions de Directeur général adjoint de la ville de Gennevilliers - non loin d'Argenteuil que nous avons bien connue vous et moi puisque j'y suis né et que vous y avez fait vos armes - pour devenir Conseiller de Jean Paul Huchon à la Région Ile de France, dont vous étiez le premier Vice Président. C'est d'ailleurs dès cette époque que j'ai eu à travailler pour Evry sur l'émergence de Genopole.

 

Ce soir je passe du bleu au rouge; plus exactement j'ajoute le ruban rouge au ruban bleu.

 

Ce tissage porte une marque: celle de plusieurs décennies consacrées à l'action publique, que l'on peut également appeler l'intérêt général ou encore le service de la République.

 

Cette marque remonte à loin. Elle se confond - comme pour des millions de Français - avec la longue histoire de notre République moderne.

 

Avec mon frère aîné Didier, qui me fait le plaisir d'être là avec sa fille Nadège, venant de sa Bretagne non natale et sans bonnet rouge, nos racines plongent dans la petite paysannerie pyrénéenne commingeoise, dont beaucoup d'enfants -il y en avait 11 à la ferme - pour s'en sortir et parce qu'ils réussissaient à l'école, ont migré pour embrasser la Fonction publique.

 

Nos parents étaient dans l'administration des impôts et du cadastre. Mon frère est devenu professeur d'histoire-géographie. Pour ma part, j'ai longtemps hésité. Ma mère me poussait à faire l'école des impôts, ou celle de la Police. Certains amis y ont fait de brillantes carrières. Mais 1968 approchait et ce n'était guère de saison à mes yeux... J'ai finalement fait preuve de peu d'imagination. Un peu de droit puis Histoire-Géographie à Nanterre, pour être longtemps surveillant d'externat de lycée - dont celui de Charlemagne où vous avez été élève dans les mêmes années - un peu prof remplaçant et beaucoup militant syndical et politique, avant d'être administrateur d'une collectivité locale de 1989 à 1999.

 

Notre grand père maternel a longtemps été maire de son village de Montastruc de Salies - ça ne s'invente pas! -. Mon frère deviendra maire et député de la capitale du centre Bretagne il y 33 ans. Il avait 36 ans. J'en avais 52 lorsque j'ai exercé mon premier mandat d'élu municipal dans la capitale de l'Essonne.

 

Bref, notre vie s'est toujours confondue avec le service de l'Etat et des citoyens.

 

Mais c'est aussi celle de beaucoup de mes plus proches.

 

Ma compagne Geneviève, dont la capacité à supporter mon caractère et mes absences ne cessent de me surprendre (à moins que celles-ci expliquent celle- là...), est également plongée dans l'action publique depuis sa prime jeunesse. De l'Ecole Normale d'Instituteurs jusqu'à la ville de Gennevilliers, en passant par la Protection judiciaire de la jeunesse et le Mouvement Européen, jusqu'à être aujourd'hui dans un grand groupe public de l'énergie et élue d'un arrondissement de la capitale.

 

Mon fils Aurélien a décidé, à ma grande surprise, de s'investir dans l'économie publique de la valorisation des déchets.

 

La fille de Geneviève, Viridiana, embrasse une brillante carrière internationale dans des organismes publics.

 

Ma nièce, Nadège, assure le rayonnement de la culture et de la langue françaises au ministère des Affaires étrangères.

 

Il n'y a que ma fille aînée Amandine et son époux Hakim pour rééquilibrer les choses en travaillant, tels des êtres normaux, dans le secteur privé. Ce qui n'empêche pas leur fille Anaïs, qui aura 6 ans dans 12 jours, de proclamer la grève générale en Septembre prochain si les nouveaux rythmes scolaires s'appliquent à la rentrée prochaine dans son école à Saint Denis. Je ne suis pas sûr, chère Anaïs, que ce soit le meilleur moyen pour rentrer à l'Ecole de la Légion d'honneur de ta ville!

 

Mon amour de la chose publique vient donc de loin. Il se ramifie.

 

Mais cela n'explique pas à soi seul que la République m'honore.

 

Il fallait Evry.

 

Evry pour moi n'est pas le simple prolongement d'un long fleuve tranquille.

 

C'est une remise en cause permanente.

 

Car être à la hauteur d'Evry, de ses ambitions, des souffrances et des espérances des citoyens, exige certes une expérience - je l'ai - mais d'abord une volonté d'élévation, une capacité à changer sans perdre son âme, une sensibilité pour saisir ce qui bouge dans la société evryenne, dans sa jeunesse et...beaucoup d'huile de coude!

 

En 13 ans - pour la suite on verra bien, ce n'est ni le moment ni le lieu pour en parler - Evry a modifié mon regard et mon intelligence de la vie.

 

Je le dis d'ailleurs à tous les militants qui me font le plaisir d'être là: ne confondez pas convictions - il en faut et de solides par ces temps perturbés - et entêtement. J'ai longtemps interprété la vulgate selon laquelle l'histoire à un sens comme une forme de déterminisme. Le sens de l'histoire c'est celui que les femmes et les hommes et les idées neuves qui germent impriment.

 

Ainsi en va t il de mon regard sur la laïcité de notre République.

 

Enfant, j'avais 11 ans, j'accompagnais mon père, trop rapidement disparu lorsque j'ai eu 13 ans, pour faire signer au porte à porte une pétition pour l'école publique contre les lois Debré de 1959 qui favorisaient l'école privée confessionnelle.

 

Je n'ai pas gardé beaucoup de bons souvenirs de mon enfance mais celui-ci en est un, comme le sont les pancartes que je me fabriquais pour moi seul, dans ma chambre, pour l'indépendance de l'Algérie, faute de pouvoir aller manifester parce que trop jeune.

 

Très longtemps j'ai gardé une conception conflictuelle, manichéenne, de la laïcité, entre le bien public et le mal religieux, au point de la juger parfois désuète et de ne plus en percevoir la dimension fondatrice de notre pacte républicain.

 

C'est à Evry, cette ville Aéroport du monde, que j'ai pris la mesure de sa dimension vitale et de son caractère fondamentalement libérateur, non excluant, de nature au contraire à réunir sans contraindre, à rendre digne dans l'égalité des droits et des devoirs et dans le respect des consciences et des croyances sans qu'aucune ne s'impose à d'autres.

 

A Evry, je suis chez moi, à l'aise, aussi bien dans cette Maison commune - je remercie le Maire de me l'avoir prêtée - qu'à la Cathédrale, à la Mosquée, à la Synagogue ou à la Pagode. À Evry, nous honorons par une cérémonie républicaine les nouveaux Français. Ce sera Samedi matin ici même. A Evry, nous les faisons accéder à la langue qui nous unit.

 

Et il fallait Evry pour que se réalise un miracle - laïque - Celui d'une rencontre.

 

La rencontre d'un jeune socialiste, déjà aguerri et expérimenté, qui revendiquait son non communisme (qu'il ne confond pas avec l'estime qu'il porte à ses militants), avec un vieux bourru qui a longtemps préféré l'interprétation de Jaures et d'Albert Soboul de la Révolution française à la lecture des mémoires de Clémenceau.

 

Je laisse à d'autres le soin de commenter comment nos costumes ont déteint l'un sur l'autre et j'ai l'humilité de constater qu'au delà de nos tailles physiques, le mien est irrémédiablement plus petit que le sien - et je vous garantis que vous ne flottez pas dedans! Il vous a été confectionné sur mesure.

 

Galéjade mise à part, ce sont à l'évidence les nombreux défis évryens et une même idée de la République qui nous ont fait "marcher côte à côté et frapper ensemble"comme disait Maurice Thorez. Vous voyez, on ne se refait jamais totalement... Mais vous aurez remarqué que j'ai choisi le Maurice Thorez du Front populaire.

 

Faire se rejoindre le sens collectif et la promotion de chacun,

 

Porter une ambition et ne rien lâcher sur la protection de chaque citoyen,

 

Développer le service public tout en considérant que l'initiative privée est indispensable et utile,

 

Faire vivre partout et tout le temps nos valeurs, qui ne s'usent que si l'on ne s'en sert pas,

 

Faire aimer notre Pays, sa langue, sa culture dans le respect et la rencontre avec les autres pour retrouver l'universalité de sa promesse républicaine,

 

Tout cela ne relève pas d'un programme commun âprement négocié mais d'une ouverture d'esprit, d'une sensibilité vigilante qui nous rend meilleurs.

 

Je viens de parler d'ouverture d'esprit.

 

C'est avec elle que je veux conclure.

 

Evry a beaucoup changé en une décennie et les Evryens portent un regard nouveau sur leur ville. Exigeant mais plus confiant dans son avenir. Plus apaisé dans sa capacité d'y construire sa vie avec bonheur et espoir.

 

Mais Evry n'est pas une île. Elle n'est pas épargnée par la tourmente qui saisit la France depuis de longues années, ni par le doute qui saisit les citoyens sur notre capacité collective à nous en sortir.

 

Moi qui ai vécu longtemps dans l'idée que la politique est d'abord un affrontement, c'est ici à Evry que je mesure à quel point la recherche de l'union peut être la clé de bien de nos problèmes.

 

L'union n'est pas un effacement, encore moins un renoncement. C'est un effort permanent.

 

Nous pouvons avoir ici, sur notre territoire, des conceptions différentes sur bien des choses. Sur l'Etat, sur l'économie, sur la justice sociale, sur les grandes questions de société. Cela se verra dans chacune de nos villes dans les mois à venir et la démocratie tranchera. Mais cela ne nous empêche nullement de savoir converger et de nous unir pour porter de grands projets comme celui de la Fédération Française de Rugby que nous faisons naître ensemble, cher Pierre Camou. Ou pour mener la bataille de l'emploi et de l'attractivité de notre bassin économique. Ou encore pour hisser les transports en commun au niveau de qualité qu'ils doivent avoir. Ou, pour hisser la culture au rang suprême debien commun et de libération humaine.

 

Si pour débloquer la France, l'Etat central, qui doit garder ce qu'il y a de bien dans le jacobinisme, veut s'inspirer de la France girondine, celle des territoires qui s'organisent pour prendre leur destin en mains, surtout qu'il n'hésite pas!

 

Vous n'êtes pas Monsieur le Ministre, le dernier à le savoir et vous aurez reconnu là mon légendaire esprit de synthèse...

 

En vous faisant Ministre de l'Intérieur, le Président de la République a reconnu vos compétences intrinsèques et votre sens de l'Etat, pétri dans la glaise de l'action locale.

 

En devenant Ministre de l'Intérieur, vous avez prolongé votre expérience de Maire. C'est elle et votre caractère qui vous rend si percutant, si réformiste.

 

Cela pourrait m'ouvrir des horizons mais je reste lucide...

 

Puisse ce soir, être un moment où, au delà d'un personnage mis à l'honneur, ce soit la République, la noblesse de la politique, le dévouement aux autres et l'unité des bonnes volontés qui restent dans nos mémoires.

 

Merci Monsieur le Ministre,

 

Merci chers amis

 

Et prolongeons ce moment solennel par la convivialité du buffet que je vous offre.


18:03 Publié dans Evry | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

18/11/2013

Tribune "Le Grand Paris passe par la grande couronne"

TribuneGdParisLaGazette (2).pngVoici la tribune que j'ai cosignée avec Jean-Jacques Fournier, Michel Bisson, Thierry Mandon, Carlos Da Silva et qui est publiée dans la Gazette des Communes de cette semaine :

 

 Alors que le texte de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles vient d’être voté au Sénat et s’apprête à être examiné à nouveau à l’Assemblée Nationale, il nous semble indispensable de réaffirmer nos attentes pour la grande couronne.

Les débats qui ont eu lieu ces derniers mois sur la gouvernance de la future métropole de Paris ne doivent pas occulter ce qui devrait toujours orienter la réflexion des politiques en matière de décentralisation : une plus grande proximité, une meilleure offre en termes de transport et de logements, bref une plus grande efficacité de l’action publique dans ce qui touche au quotidien.

Parce qu’il est temps de donner à l‘Ile-de-France les moyens de ses ambitions, nous pensons, en appui de la volonté affirmée de Marylise Lebranchu, que le cœur d’un Grand Paris capable de rivaliser avec Londres ou Berlin doit pouvoir irriguer en grande couronne de puissantes intercommunalités capables d’amplifier l’effet de ses décisions comme une caisse de résonance.

Pour ce faire, celles-ci doivent préparer l’avenir, se rassembler et atteindre une taille critique pour être forces de proposition. Il n’y a plus de temps à perdre pour dessiner le futur de la Grande Couronne ! Nous voyons dans la relation entre nos territoires les esquisses de ce qui pourrait être demain la colonne vertébrale d’une puissante communauté urbaine francilienne.

En créant leurs ententes, les territoires du Sud Francilien ont déjà donné un corps à la nécessité de s’émanciper et ont engagé une évolution irréversible. Nous travaillons chaque jour à l’affirmation de nos liens en favorisant les mises en réseaux, en mettant en commun notre ingénierie en dépassant nos spécificités. Ces ententes sont la promesse d’un avenir commun.

L’autre vraie question est celle de la capacité de ces nouvelles institutions décentralisées à accompagner la croissance, les plans de relance et l’emploi, en somme le concret et le quotidien des 12 millions de franciliens. Les politiques du logement, du développement économique et de l'emploi, de la santé, de la transition écologique et, dans une moindre mesure, des transports doivent pouvoir bénéficier d’un pilotage rationalisé et d’une polycentralité forte.

Il en va des ambitions que nous souhaitons concrétiser en termes de proximité territoriale et d’efficacité de nos services publics. .

Pour cela, il nous faudra renforcer nos compétences et nous doter de nouveaux outils propres à les mettre en œuvre. Les ententes devront devenir l’échelon territorial à partir duquel s’élaboreront les futurs contrats de développement territorial et se dessineront les schémas directeurs de développement économique. Il ne s’agira donc plus seulement de nouer des alliances sur des projets prédéfinis mais bien de concevoir ensemble des politiques publiques au service d’un projet de territoire commun.

 

12:00 Publié dans Actualités, Essonne, Evry, Propositions | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

17/11/2013

Honneur aux combattants de l’armée du crime

manouchian1.jpgIl y a de cela soixante-dix ans, par un petit matin blême, tandis que la brume froide de l’aurore naissante envahissait ces bords de Seine d’ordinaire si bucoliques, la vie d’un homme basculait tragiquement. La gare d’Evry-Petit Bourg n’était alors plus cette halte accueillante où descendaient quelques années auparavant les ouvriers des ateliers parisiens, venus grâce aux congés payés du Front Populaire, profiter du bon air et de la campagne environnante.

Non. Ce matin du 17 novembre 1943, la gare d’Evry-Petit Bourg s’était transformée en souricière. La Gestapo, avec l’aide des autorités françaises, allait tendre un guet-apens à un homme arrivant de Paris et qui devait, dans cet endroit si tranquille, à l’abri des regards, rencontrer Joseph Epstein, le responsable des Francs Tireurs Partisans de la région.

C’est homme, c’est Missak Manouchian. Un poète, un esthète, né dans les confins de l’empire ottoman, à des milliers de kilomètres de cette petite gare de campagne. Cet étranger, ce communiste, objet de la haine de l’occupant nazi, avait choisi de mettre son destin au service dela France. Cecombattant de la liberté, soldat anonyme mais lumineux de l’armée des ombres, est allé jusqu’à offrir sa vie pour la libération de sa patrie d’adoption. Comme lui, d’autres enfants de France, ayant vu le jour dans des contrées lointaines ont combattu jusqu’à la mort la barbarie du régime nazi. Au sein des FTP MOI (main d’œuvre immigrée), Marcel Rajman, juif polonais, gamin des faubourgs du XIe arrondissement, Rino Della Negra, italien et footballeur au Red Star de Saint Ouen et vingt-un autres camarades tombèrent, fusillés pour la plupart au Mont Valérien.

Souvenons-nous de leur sacrifice. N’oublions pas que la grandeur de la France est également le fruit des actes héroïques d’immigrés, de ces métèques que le régime de Vichy pourchassait.

Afin de rendre hommage à Missak Manouchian, nous allons aujourd’hui, à l’occasion du 70e anniversaire de son arrestation, dévoiler une plaque à l’entrée de la gare d’Evry, devenue depuis Val de Seine. Pour que la jeunesse évryenne de 2013 se souvienne de ces héros qui leur ressemblent au fond tant.

Au-delà de la pensée émue et admirative que nous pouvons avoir pour eux et de l’hommage que nous nous devons de leur rendre, il est fondamental de percevoir dans ces trajectoires de vie une universalité rédemptrice.

La vie de Manouchian, le choix qu’il a fait de combattre jusqu’à la mort pour un idéal sont autant de signes d’espoir face à un possible découragement. L’Histoire, quelle qu’elle soit, n’est jamais écrite et la fougue des idéaux, la force des croyances ne peuvent que triompher face à un adversaire désincarné.

10:18 Publié dans Actualités, Evry | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

13/11/2013

L’emploi des jeunes, voilà un sujet sérieux !

conf.pngCertains vocifèrent, jouent avec les peurs, encouragent la destruction de mobilier urbain, sifflent le Président de la République, crient des infamies envers la Garde des Sceaux…Le climat est malsain dans ce grand cirque du grotesque, où chaque nouvelle bouffonnerie est abondamment relayée par des médias avides de sensationnel.

Mais curieusement, la politique, la vraie, celle qui est complexe, aride, en somme celle qui bosse et produit des résultats n’intéresse pas grand monde. Aujourd’hui, dans l’indifférence quasi générale le Président de la République François Hollande organisait à l’Elysée en présence de la Chancelière allemande Angela Merkel et de 24 chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Européenne une grande conférence spécialement dédiée à l’emploi des jeunes en Europe.

Il est vrai que l’emploi des jeunes n’est pas un sujet majeur… Qu’il est plus important de savoir ce que tel représentant auto-déclaré d’un sous courant des bonnets rouges pense de la politique du Gouvernement. Fadaises que tout cela ! Revenons à l’essentiel. Mettons l’accent sur les initiatives concrètes, les petits ruisseaux comme les grands fleuves.

Et en matière d’emploi c’est réellement un fleuve d’initiatives et de mesures d’aides qui sont Lors de la première conférence sur l'emploi des jeunes à Berlin le 3 juillet dernier, les dirigeants européens avaient alors décidé, pour venir en aide au quelque 6 millions de jeunes Européens au chômage, de débloquer une enveloppe de 6 milliards d'euros en faveur des régions les plus frappées. Et à ces 6 milliards sur deux ans (2014-2015), s'ajoutent 18 milliards de la Banque européenne d'investissement (BEI) et environ 21 milliards du Fonds social européen (FSE) répartis sur 3 ans (2013, 2014, 2015). Soit quelque 45 milliards consacrés à la lutte contre le chômage des jeunes.

Le candidat François Hollande avait fait de la jeunesse la priorité de sa campagne. Cette priorité a trouvé depuis son élection une concrétisation politique. Pour réussir, il faut penser cette question aussi globalement que localement. Cela implique non seulement de peser auprès de nos partenaires européens, Allemagne en tête, pour en faire une priorité mais aussi d’agir au niveau national, notamment en s’appuyant sur les exécutifs locaux. Les habitué(e)s de ce blog savent à quel point je suis un fervent défenseur du dispositif des emplois d’avenir. Il y a quelques mois de cela je détaillais ici toutes les mesures concrètes qui sont mises en place pour favoriser l’accès des jeunes d’Evry à l’emploi (VOIR ICI)

Le combat pour l’emploi des jeunes engagent tous les responsables politiques, à tous les niveaux : européen, national, régional, départemental, communal. Chaque échelon est important. Chaque initiative a du sens. Continuons à agir de manière concertée pour lutter contre le fléau d’une jeunesse bloquée dans le chômage. Les jeunes d’Evry et ceux de Neukölln (quartier populaire de Berlin) ou de Tottenham (quartier populaire de Londres) ont les mêmes difficultés mais aussi les mêmes aspirations, celles d’avoir les moyens de se construire un avenir. Continuons à mener sans relâche cette bataille. Chacun à notre niveau, chacun avec nos moyens d’action. Ne nous dispersons pas, ne nous laissons pas engluer dans des polémiques stériles et avilissantes. N’ayons pas peur de faire le choix de la politique noble…

11/11/2013

Penser nos actes à la lumière de l’Histoire

 

11nov.jpg

Il y a 95 ans, vers 5h du matin, dans un wagon restaurant de la forêt de Compiègne, était signé l’armistice qui mettait fin à la plus grande boucherie du XXe siècle.

Durant quatre interminables années, deux grandes nations occidentales ont envoyé leur jeunesse se faire trouer la peau au front. Dans les tranchées boueuses de la Marne et des Ardennes, transis de froid et de peur, les jeunes soldats allemands et français ont été les otages impuissants de cette folie guerrière qui faisait définitivement basculer l’Europe et le monde dans l’horreur. A l’heure des tirs de mortiers et du gaz moutarde, il ne restait plus rien de l’Expressionisme Viennois ou des salons littéraires du Paris de Marcel Proust. L’Europe des Lumières, des lettrés, des philosophes sombrait dans la barbarie…

Cette date du 11 novembre est pour nous, citoyens du XXIe siècle, un enseignement à plus d’un titre.

Cette période doit tout d’abord nous rappeler à quel point l’équilibre du monde est fragile. Les sociétés, quel que soit leur niveau de culture et de civilisation, peuvent très rapidement s’effondrer pour basculer dans la violence et le conflit armé.

N’oublions pas également que l’armistice du 11 novembre 1918 ouvre la voie au Traité de Versailles et aux funestes conséquences qui en découlent. Profondément nourri d’un désir de revanche, ce diktat ruine l’Allemagne, la met à genoux, rendant ainsi la jeune République de Weimar exsangue et impuissante. La population allemande paupérisée et humiliée se tourne alors vers la pire des solutions : le recours à un homme et un régime qu’elle croit providentiels. La suite malheureusement, nous la connaissons tous.

Et nous devons être aujourd’hui particulièrement attentifs au contexte et à l’ambiance qui règne dans nos sociétés. A l’heure où des agences de notation, apprentis-sorciers pyromanes, imposent aux Gouvernements démocratiquement élus de nouveaux diktats, où des partis nationaux-populistes dépassent les 20% d’intentions de vote, où l’idée même d’Europe connaît un sérieux coup d’arrêt, nous devons, nous, socialistes réformistes, redonner confiance aux citoyens européens. Nous devons leur montrer par des actes forts, des réformes courageuses, que nous sommes capables de réinventer nos sociétés, de réenchanter nos modèles.

Je préside aujourd’hui, en ma qualité de maire d’Evry, les traditionnelles cérémonies du souvenir. Je fais le vœu que celui-ci ne soit pas uniquement passif mais éclaire nos actes et notre vision de la France et de l’Europe. Rien n’est figé. Rien n’est acquis. Restons vigilants et faisons mentir Paul Morand qui affirmait que « l’histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète. »

11:25 Publié dans Actualités, Evry | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

29/10/2013

Reculer et écouter ne sont pas synonymes

Depuis quelques jours, l’opposition s’agite et pousse de forts cris d’orfraie. Le Gouvernement s’attaquerait à l’épargne des plus modestes, il détricoterait brutalement les bas de laine que nos concitoyens avaient raisonnablement et patiemment constitués. Mais de quoi s’agit-il réellement ? D’attaquer l’épargne des Français ? Sûrement pas ! De déstabiliser les ressources des PME ? Pas plus ! Il s’agissait simplement pour le Gouvernement de faire mieux contribuer les revenus de l’épargne à l’effort de solidarité nationale pour rééquilibrer les comptes sociaux.

Face à l’agitation, le Gouvernement n’a pas choisi de reculer mais d’écouter. Or reculer et écouter ne sont pas synonymes. Le ministre du Budget ayant annoncé qu’il allait retirer les plans d'épargne en actions (PEA) et les plans d'épargne logement (PEL) du projet, les caciques de l’UMP ont crié alors àla reculade. Cetteagitation stérile ne doit pas masquer la réalité, qui, comme souvent, se révèle plus complexe et moins bipolaire que l’on voudrait bien la présenter.

Tout d’abord,  il nous faut dresser un constat de départ simple : les revenus de l’épargne sont effectivement moins taxés aujourd’hui en France que les revenus du travail. Il n’y a par exemple pas de taxation des plus values sur un PEA au bout de 5 ans et ces rendements sont défiscalisés dès lors qu’ils sont réinvestis. Ces produits devraient en théorie rentrer dans le droit commun du barème…

Quant au caractère soi-disant rétroactif de la mesure, il montre bien la mauvaise foi d’une partie de la droite qui voudrait appliquer sans limite des taux historiques à l’épargne constitués il y a plus de 15 ans alors même que les taux d’intérêt et l’inflation ne sont plus les mêmes aujourd’hui qu’en 1997. Le nouveau taux s’applique donc à des placements faits lorsque les taux étaient plus bas. Il n’y a rien d’anormal là dedans.

Le ministre du Budget a cependant annoncé le week-end dernier des aménagements quant au projet initial. Il a finalement été décidé d'amender le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour sortir les PEL, les PEA et l'épargne salariale de la mesure afin d’épargner les patrimoines moyens et modestes. Il ne faut pas voir dans cette décision une reculade mais une juste prise en compte des craintes qui parcourent aujourd’hui notre pays. Une réforme, aussi juste soit-elle, ne se fait pas avec un rouleau compresseur. Ce n’est pas la conception du Gouvernement. Il le prouve sur cette question délicate de l’épargne comme sur celle toute aussi épineuse des taxes aux entreprises, notamment l’écotaxe. La droite ne nous avait pas habitués à tant de dialogue…

La pédagogie a peut-être fait défaut. Cette question reste cependant cruciale pour l’avenir de nos finances publiques. Face à la peur et a ceux qui l’attisent, il faut expliquer sans relâche. Ne nous laissons pas enfermer dans le piège de l'incompréhension. Il faut en sortir en expliquant la politique que l'on mène…

17/10/2013

Roms : "il faut démanteler les campements illicites"

Le Monde.gifVoici la tribune que j'ai écrite et qui est publiée dans Le Monde d'aujourd'hui :

 

Ce que les citoyens attendent d'abord d'un maire, c'est qu'il apporte des solutions à leurs problèmes, surtout les plus sensibles, voire apparemment inextricables.

L'implantation répétée, de campements illicites à la lisière de villes populaires déjà marquées par la ségrégation sociale et territoriale, en est un, potentiellement explosif. La ligne de conduite doit être de tenir un langage de vérité fondé sur des principes et de refuser l'hypocrisie.

La vérité, c'est d'abord regarder la réalité en face. Ce sont les conditions de vie dans les campements, totalement indignes, les enfants en danger, souvent exploités – comme beaucoup de femmes – par des réseaux mafieux. Ce sont aussi les trafics et les vols organisés. Mais la réalité, ce sont tout autant la peur et l'exaspération des riverains. Qui sont-ils dans une ville comme Evry (91) ? D'honnêtes gens aux faibles ressources qui ne peuvent pas comprendre lorsque les pouvoirs publics leur font supporter l'insupportable.

La vérité, c'est donc dire clairement que le démantèlement des campements est un impératif. Un impératif pour les riverains comme pour la dignité des populations roms. Cela doit se faire avec des principes simples : le droit à la tranquillité publique et le respect des personnes. Ce sont les principes de notre République. C'est la raison pour laquelle chaque démantèlement doit être préparé, sous le contrôle de la justice, le maire devant lui aussi exercer ses prérogatives par arrêté municipal lorsque c'est nécessaire. A chaque évacuation doit correspondre une enquête sociale et une proposition de relogement, individuelle ou collective, de durée limitée ou pérenne.

Là encore, il faut dire la vérité. Trop peu de Roms acceptent les solutions d'hébergement. Pas tant à cause de leur durée que pour les pressions internes aux campements qui s'exercent sur eux. Quant aux foyers et villages d'insertion, ils sont une bonne solution, longue à mettre en place, mais ils ne peuvent concerner qu'une faible minorité. Dans l'agglomération d'Evry, 14 familles sont concernées, soit 10 % des populations présentes sur le territoire.

J'entends parfois l'objection : pourquoi démanteler les campements puisqu'ils se reconstituent faute de places ? Faudrait-il suspendre les évacuations tant que des solutions durables ne seront pas trouvées ?

Allons au bout de la requête. Qui est prêt, surtout en Ile-de-France où la crise du logement ne recule pas, à soutenir qu'il faudrait mobiliser des milliers de places de foyers et de logements sociaux ? Foin d'hypocrisie. Cette posture revient à dire aux élus locaux : "Gérez l'ingérable. D'ici là, débrouillez-vous."

SIMPLE BON SENS

Rien n'est plus insupportable pour un maire que d'alimenter lui-même le sentiment d'impuissance et d'abandon chez les citoyens qui affrontent déjà mille difficultés, en laissant s'enliser les problèmes qui sont aux antipodes de l’État de droit et de la dignité humaine. Là est le vrai débat sur ce qui mine notre pacte républicain.

Une politique cohérente, efficace et ferme consiste donc à dire clairement que le retour dans leurs pays d'origine pour ceux qui ne peuvent pas s'installer durablement en France est indispensable. Il doit être organisé. Nul "essentialisme" dans cette affirmation mais du simple bon sens. C'est ne pas le dire qui serait mentir. Mentir aux Roms. Mentir aux pays dont ils sont issus. Mentir à nos concitoyens.

La Roumanie et la Bulgarie doivent principalement prendre leurs responsabilités, d'abord pour lutter vraiment contre les filières mafieuses qui exploitent les Roms expatriés. Et l'Union européenne doit prendre les siennes. Elle n'est pas là pour donner des leçons à la France mais pour obliger des pays membres à tenir les engagements pour lesquels elle les aide. Aucun gouvernement, aucun ministre de l'intérieur n'a autant multiplié qu'aujourd'hui les initiatives de coopération avec la Roumanie et la Bulgarie.

Une stratégie claire, déterminée, est enfin à l’œuvre. Elle n'oppose pas la sécurité, la fermeté et l'humanité. Elle fait vivre nos principes et nos valeurs au cœur de lourdes contradictions à résoudre. Les maires s'y retrouvent. Il était temps.

13:05 Publié dans Actualités, Enjeux nationaux, Essonne, Evry | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

16/10/2013

Communiqué de presse cosigné avec Luc Carvounas et Carlos Da Silva

 

Au-delà de l’émotion compréhensible que suscitent les conditions de reconduite à la frontière d’une jeune kosovare avec sa famille, la violence des attaques dont le Ministre de l’Intérieur fait l’objet est inacceptable.

Une enquête administrative demandée par Manuel VALLS permettra dans les prochaines heures d’éclairer les circonstances exactes des faits.

Mais cela ne peut en aucun cas justifier que l’on remette en cause le respect de la loi et d’une décision de justice.

La loi s’applique dans des conditions radicalement différentes que du temps de la Droite. Elle veille en particulier scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l’objet d’une mesure d’éloignement. La rétention des familles est devenue l’exception. L’école est un lieu sanctuarisé dans notre République contrairement à ce que la droite pratiquait hier. L’enquête en cours devra faire la lumière sur ce point précis.

Le Ministre de l’Intérieur  a renoué avec un politique de naturalisation conforme aux valeurs républicaines. Il a annoncé une grande consultation nationale sur l’asile pour redonner tout son sens à ce droit si nécessaire.

Ainsi il n’y a aucune raison que se développe une polémique à gauche qui aboutirait à remettre en cause la fermeté nécessaire dans l’application de la loi, qui garantit les droits et la dignité des personnes.

17:26 Publié dans Actualités | Francis Chouat | Commentaires (1) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

15/10/2013

Les usagers du RER D ne doivent pas être les grands oubliés de la métropole

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Dans son édition de l’Essonne, le Parisien d’aujourd’hui consacre sa une aux « nouveaux horaires à rallonge du RER D ». Les nouveaux horaires rendus publics par la SNCF hier allongent les trajets de 6 à 8 minutes en moyenne, notamment vers le sud de l’Essonne.

Stéphane BEAUDET, maire de Courcouronnes, vice-président chargé des transports à la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne et moi-même avions mis en garde il y a de cela plusieurs mois contre l’allongement des horaires du RER D. Nous y voilà pourtant…

La ligne D du RER souffre en effet de nombreux maux : retards à répétition, trains supprimés, rames bondées, propreté douteuse, insécurité chronique…Les usagers sont fatigués des nombreuses galères quotidiennes. Il ne faut pas les oublier. Les transports du quotidien sont une priorité, tout particulièrement en Ile de France. Le rapport de la commission Mobilité 21 de juin dernier a consacré ce principe. La ligne D est aujourd’hui clairement prioritaire. Si la nouvelle gare de Créteil-Pompadour est nécessaire pour désengorger les territoires du Val de Marne, elle ne doit pas pour autant occasionner trop de désagréments pour les usagers du sud de la ligne. Aussi le projet de nouveau quai qui permettra aux trains direct entre Paris et Villeneuve Saint Georges de doubler les omnibus, ce qui est le cas aujourd’hui, et qui maintiendra donc Evry à moins de 35 minutes du centre de la capitale me semble incontournable et doit rapidement voir le jour.

A partir du 15 décembre prochain, Evry sera à 40 minutes du cœur de Paris (Châtelet les Halles) contre 34 minutes jusqu’ici. La Grande Couronne s’éloigne donc du centre de la métropole, ce qui, à l’heure des volontés politiques de voir émerger un Grand Paris polycentrique doté de transports plus rapides et plus nombreux, paraît dangereux. J’espère que cette situation ne sera que temporaire et que la seconde phase des travaux de la gare de Créteil-Pompadour permettra de revenir à une durée de trajet raisonnable.

La Grande Couronne et ses habitant(e)s ne doivent pas être les grande oubliés de la future Métropole de Paris. Ils ont toute leur place dans une grande région capitale, plurielle et solidaire.

 

27/09/2013

Situation des Roms: vérité, honnêteté, dignité

BFMTV a sollicité ma réaction après s'être rendu dans un quartier d'Evry à côté duquel existe un campement, situé sur la commune de Corbeil Essonnes depuis bientôt 4 ans. Cette chaîne a pu mesurer le degré d'exaspération des riverains.

Voilà la teneur des propos que j'ai tenus devant la caméra :


Le ministre de l'intérieur comprend parfaitement, pour l'avoir vécue, la situation intenable dans laquelle des villes comme Evry et leurs citoyens se trouvent liée à l'implantation de tels campements. C'est une situation explosive! Et Manuel Valls veut la régler pendant que d'autres ne cherchent qu'à l'exploiter.

Ce n'est pas facile. C'est la raison pour laquelle le premier devoir d'un responsable politique est de ne pas mentir et de ne pas être hypocrite.

1.      Le démantèlement des campements est un impératif. Un impératif pour la tranquillité des riverains qui sont victimes de l'insupportable. Un impératif pour le respect de la dignité humaine des populations Roms souvent exploitées et qui vivent dans des conditions d'hygiène inacceptables. Un impératif pour le respect des droits et de la protection des enfants. Un impératif pour lutter contre les trafics et les vols.

2.      Ces démantèlements doivent se faire par la pleine application de la circulaire du 26 août 2012 et, chaque fois que cela est possible, en proposant des solutions pérennes pour les populations.

3.      Mais la vérité oblige d'aller jusqu'au bout d'une politique ferme et responsable.


Il n'est pas possible de laisser penser que 100% des Roms installés dans ces campements dans notre pays pourront bénéficier de mesures d'emploi et de logement.

Leur retour dans leurs pays d'origine fait bien pleinement partie d'une politique ferme et humaine à la fois.

Ne pas le dire c'est mentir. Mentir aux Roms, mentir aux pays dont ils sont issus, mentir à nos concitoyens.

La Roumanie et la Bulgarie principalement doivent prendre leurs responsabilités. Et l'Union Européenne les siennes. Elle n'est pas là pour donner des leçons à la France mais pour obliger des membres de l'Union européenne à tenir des engagements pour lesquels l'UE les aide.

 

 

 

16:37 Publié dans Actualités, Enjeux nationaux | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

12/09/2013

Evry Centre Essonne, un territoire à la pointe de la recherche

tri 352.JPGAujourd’hui je suis particulièrement fier. Fier de mon territoire et de ses ressources.

J’ai eu en effet la joie d’accueillir ce matin à Génopole mon ami Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile de France. Au menu, la pose de la première pierre du centre de recherche clinique et translationnelle ainsi que l’ouverture officielle de Genethon Bioprod.

Pour ceux qui l’ignorent encore, nous avons la chance d’avoir sur le territoire de l’agglomération Evry Centre Essonne,  un établissement aussi prestigieux que Génopole. Il est en effet le premier technopôle en France entièrement dédié aux biothérapies, à la recherche en génétique et au développement des industries de biotechnologie. Je n’oublie pas que c’est grâce à l’action de Manuel Valls que Génopole devient en 2002 un groupement d'intérêt public (GIP) réunissant l'État, la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne, la Ville d’Evry, le Conseil général de l’Essonne, le Conseil régional d’Ile de France, l’Université d’Evry et l'Association française contre les myopathies.

Dés lors, son rayonnement va rapidement dépasser les frontières nationales, notamment à travers les travaux de pointe sur les thérapies géniques menées de concert avec l’Université d’Evry mais aussi par les réussites des entreprises biotechnologiques présentes sur son bioparc. 

Et ce rayonnement international va continuer à grandir. Génopole est en permanente évolution pour être toujours à la pointe. C’est cette stratégie ambitieuse que nous célébrions ce matin.

Nous sommes à l’aube de permettre à l’Homme de vivre 1000 ans aime à rappeler non sans humour, mais avec beaucoup de sérieux mon ami Pierre Tambourin, directeur général de Genopole. Loin de prendre cela à légère, à Evry nous avons décidé depuis longtemps d’accorder à la recherche la place qui doit être la sienne. 

Aussi le centre de recherche clinique et translationnelle dont nous venons de poser la première pierre aura pour objectifs principaux de permettre aux patients d’accéder rapidement aux développements de médecines innovantes tels que la thérapie génique ou cellulaire, ainsi qu’aux pratiques d’une médecine régénérative et personnalisée. Il permettra en outre d’accélérer la diffusion des innovations issues de la génomique dans la prise en charge diagnostique ou thérapeutique des patients, notamment par le biais d’une étroite collaboration avec le Centre Hospitalier Sud Francilien, qui deviendra demain un grand CHU de l’agglomération parisienne.

Le nouveau centre de bioproduction de vecteurs viraux, d’une surface de 5 000 m², permettra, quant à lui, de poursuivre les études cliniques indispensables à la thérapie génique. Il répondra prioritairement aux projets initiés ou soutenus par le Généthon et l’Association française contre les myopathies sur les maladies génétiques rares.

Ces belles réussites sont le signe que le développement de la recherche sur un territoire comme le nôtre est toujours le fruit d’une ambition fondée sur la confiance réciproque entre élus et scientifiques. La visibilité que nous pourrons donner à nos chercheurs pour mener à bien leurs missions est primordiale ; ils doivent pouvoir compter sur les élus pour les aider à consolider et à développer l’excellence sur leur territoire. A l’heure, où nous ne pouvons plus reculer devant les investissements rendus nécessaires pour le maintien de centres de séquençage et de génotypages sur Evry, ils savent qu’ils peuvent compter sur notre détermination commune, comme ont su le rappeler Jean-Paul Huchon et Jérôme Guedj ce matin. 

Tandis que vient de nous quitter Albert Jacquard qui fut l’une des figures les plus charismatiques de la génétique, et qui fut aussi un grand philosophe et un grand acteur de notre temps je suis fier que la recherche poursuive son développement et continue de s’incarner à Génopole dans les jeunes talents qui seront les grands médecins et généticiens de demain.

Je souhaite qu’ils puissent toujours trouver à Evry Centre Essonne un cadre propice à leur épanouissement.

22:01 Publié dans Enjeux nationaux, Essonne, Evry, Recherche | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |

11/09/2013

Salvador Allende 40 ans après : Presente !

allende.jpg11 Septembre 1973: la colère et l'indignation frappaient les démocrates et les progressistes à l'annonce de la chute et de la disparition de Salvador Allende. Le coup d'état préparé par les militaires chiliens avec la complicité des démocraties impérialistes allait de nouveau plonger le Chili et son peuple dans des années de dictature, de disparitions, de meurtres et d'exil.

En France, la gauche s'unissait. Elle se préparait à l'alternance démocratique après la disparition de De Gaulle et les années du pompidolisme. Elle suivait avec beaucoup d'attention la voie chilienne de la transformation socialiste par la démocratie, pendant que l'Espagne et le Portugal allaient connaître elles aussi la fin de la dictature.

Bref, un grand vent d'espoir soufflait. La secousse chilienne en fut d'autant plus forte. Et c'était un temps où la gauche aimait les icônes..

Salvador Allende en était une. Il a, je crois, profondément marqué une génération de femmes et d’hommes de gauche qui, au tournant des années 70, tandis que les derniers empires coloniaux s’effondraient et que le monde se recomposait, refusaient le bipolarisme qui leur était servi.

Salvador Allende, c’est avant tout l’expérience d’un modèle politique neuf, la preuve qu’un socialisme démocratique pouvait émerger. Tandis que les deux blocs se renvoyaient à la face leurs modèles, campant sur leurs positions, le Chili faisait le pari d’une transition pacifique, renvoyant les dictatures militaires dans les oubliettes de l’histoire.

Du moins le croyait-on…

Avec le coup d'Etat militaire s'en suivirent des années sombres pour le Chili où le sinistre régime militaire du Général Pinochet couvrit d’une terrible chape de plomb l’ensemble du pays, poursuivant et torturant les démocrates.

De nombreux opposants politiques chiliens quittèrent alors leur terre pour des horizons lointains. Certains trouvèrent notamment refuge en France. Il fallait se loger, trouver un endroit où se mettre à reconstruire sa vie…Une communauté chilienne se reforma en Essonne et notamment la ville nouvelle d’Evry qui les accueilli. C’est là entre les tours des Pyramides en construction et l’Agora tout juste sortie de terre que ces enfants du Chili se sont réinventés un futur, gardant au fond de leur cœur le visage du Companero Presidente. Aujourd’hui, avec eux, leurs enfants et leurs petits enfants, je rends hommage au grand Salvador Allende, qui a au centre de notre cité une place à son nom, tandis que résonne le chant de la mémoire. El pueblo unido jamas sera vencido.

 

 

08:17 Publié dans Actualités | Francis Chouat | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook | |  Imprimer |